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Avis sur Fury

Avatar Tristan Rota
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Haaaa, Brad Pitt. Ce merveilleux patriote prêt à tout pour défendre son fantastique pays en démolissant de son regard fatal les grands-méchants-pas-beaux-tyranniques-qui-tuent-des-gentils.

Fury commence à la fin... de la guerre. Les Alliés ont dors et déjà éclaté les nazillos, la victoire est acquise, la signature de l'armistice imminente. Seule une poignée d'irréductibles SS résiste encore et toujours à l'enva... bref. Mais la bande à Brad (Don Collier, alias Wardaddy dans le film, pouhahaha...) n'a pas finis d'en découdre ! Grady (le bad guy), Bible (le religieux fataliste), Gordo (le religieux fataliste bad guy), Norman (le... gentil garçon religieux qui deviendra bad guy), et donc Don (le taré religieux bad guy gentil patriote) vont aller péter du nazi jusqu'au dernier avec Fury, leur [grosse voix caverneuse] TANK.

Le film démarre avec une scène (interminable) d'un gradé nazi qui se trimballe à cheval au beau milieu d'un champ de bataille apocalyptique. Qu'est ce qu'il fiche là tout seul avec son beau costume dans le brouillard, va savoir... il finit bien évidemment égorgé par Mister Brad. S'ensuit une scène (interminable) montrant le bô tank sous tous les angles, rentrant à la base américaine, une espèce de camp de réfugié dégueulasse, plein de boue et plein de soldat crades. Un plan d'attaque rapidos, tfaçon ils ont perdu les allemands, un gamin tout mignon et tout nouveau (Norman) qui rentre pour on ne sait quelle raison dans la bande à Brad, les conducteurs de char les plus renommés de la galaxie, et c'est parti.

Pour être franc, tout le film aurait pu tenir en 3 scènes : une scène d'action haletante de baston contre les "tigres" (les gros tanks allemands) ; la scène dans la maison du premier village libéré ("I'm enjoying my meal boys...") ; et la longue scène finale. Le reste, c'est mou et sans réel intérêt. Certes, on nous montre les horreurs de la guerre, mais d'une manière tellement clichétisée que ça en perd son sens. Pire, toutes ses atrocités en sont presque parfois décrédibilisés, et on se retrouve avec l'impression dérangeante d'être dans un film de science fiction, gentils humains contre méchants envahisseurs extra-terrestres. Les allemands complètement dépersonnalisés (tant les nazis que les civils), et l'effet rayon laser Star Wars pchiouuuuuu des obus et des balles ne sont pas là pour aider... Bon bien sûr, il y a quand même des trucs bien dégueulasses de bonhommes aplatis ou de têtes éclatées qui rappellent que ces choses affreuses ont réellement existé (et qu'il ne faut SURTOUT PAS les reproduire). Mais il m'est avis, j'en ai bien peur, que ce film est clairement destiné aux ados fan de Call of Duty et autre Battlefield, et y en a un sacré paquet, donc pas trop de risque de se planter. M'enfin, ces pauvres gosses vont vraiment finir par penser que la guerre, c'est pas si pire quand on est améwicain, parce que les améwicains, ils ont peur de rien, et surtout pas de la guerre. Oui, le sentiment de peur atroce, omniprésent sur le front à l'époque chez les soldats, est totalement absent dans ce film. Même le gosse, Norman, a beau être énervé de temps en temps, un peu blasé pour sa conscience, mais il n'a certainement pas PEUR de se faire cisailler la tronche. Même au moment où il dit "Brad, j'ai peur...", rooo c'est tellement pas crédible... Mais... mais OUI, c'est parce qu'il est améwicain voyons !!! Bon d'accord j'arrête, c'est lourd...

Brad Pitt vend son image pour la prospérité des stazunis d'Amérique (comme un Clooney, ou un Shwarzy, etc...), et, j'en donnerais mon petit doigt de pieds à couper, permet en même temps de rendre les critiques de ce film vachement plus positives qu'elles ne devraient l'être. C'est dommage qu'un acteur hors du commun comme lui, se retrouve à jouer des rôles clichés et déjà vu mille fois. Heureusement, il reste très bon, même dans ce jeu là.

Autre chose, bien sûr volontaire mais qui fait sourire, ma foi : arrivé au bout des 2 heures, on ne sait absolument RIEN des personnages, que dalle, nada, niet... Ils existent, ils sont vénères, ont des grosses cicatrices, ils sont nés et ont grandi, et sont arrivés dans un tank dans le but unique de fracasser du SS à grand coup de .50, et puis voila.

Ha si quand même, le must du film : Bible et son mythique "ON THE WAYYYY" au moment de tirer avec son gros canon. Ca, c'est génial !

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