Des gaffes, des baffes et des claque à Martin-Laval !

Avis sur Gaston Lagaffe

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Je n'ai jamais aimé Martin-Laval qui a mes yeux, n'a aucun humour, aucun intérêt ! Ca vole toujours en rase-mottes comme un martin-pêcheur !
Et je n'ai jamais été non plus un fervent admirateur de Gaston Lagaffe qui a marqué le déclin du talent de son créateur, André Franquin.
Un peu d'histoire : Spirou, le petit groom ayant donné son nom à l'hebdomadaire, avait été créé par Rob Vel ! Puis la guerre 39/ 45 intervint et son dessinateur ne put acheminer ses planches de dessins. Ce fut Jijé (Joseph Gillain) qui assura la (rapide) transition, créant au passage Fantasio, mais qui, absorbé par d'autres planches, refila le bébé et Spip (l'écureuil mascotte) à André Franquin qui débutait dans la BD, et qui transformaiten or tout le papier dessin qu'il touchait.
L'émulation était en ordre de marche à Spirou qui au lendemain de la guerre, possédait une quantité de dessinateurs belges truffés de talent et de projets...
Franquin fit grandir l'entourage de Spirou : il débordait d'imagination, et les aventures de Spirou et de son faire-valoir de Fantasio étaient plus palpitantes les unes que les autres ! Quand on était acheteur du journal, on attendait impatiemment la parution de la semaine suivante pour dévorer la suite des aventures. Mais outre son imagination, Franquin fit évoluer les cases de ses "petits mickeys" avec des techniques issues du cinéma ! Le dessin figé d'avant guerre se transformait en zooms, contre-champs, gros plans... On dut aussi des quantités d'innovation à Franquin : les superbes turbotractions (dont la première ressemble beaucoup à la Bugatti Chiron), la zorglangue (obtenue en inversant les mots d'un mot), l'inénarrable Marsupilami et sa queue interminable aux transformations multiples et redoutables ! Franquin fut un génie au point qu'il fit le désespoir d'Hergé, le papa de Tintin, qui lui ne parvenait pas à se sortir du conservatisme de son croquis et qui était moins prolifique !
Mais tel un vampire,, Spirou se nourrissait du sang de Franquin au point que ce dernier s'épuisa et tomba en dépression nerveuse ! Trop de pression peut-être ou d'autres problèmes ! Le vedettariat est parfois bien lourd à porter...
Il y eut donc une très très longue interruption des histoires de Spirou, et Franquin ne voulait plus entendre parler du petit groom, que de plus, il n'avait pas créé, et qui n'était qu'un personnage prêté par l'éditeur.
Et puis un jour, les marges de pages du journal s'ornèrent de fortes énigmatiques traces de pas... Les lecteurs s'interrogeaient car le journal n'était pas avare en surprises : qu'allaient nous révéler ces pas perdus ?
Et un jour, Dupuis, l'éditeur, leva le voile, on aperçut une espèce de grand ballochard au pull vert, au nez épaté, les cheveux ébouriffés, et planté là au-milieu du bureau de la rédaction du journal en attendant d'y commettre son cortège de baffes, notamment torpiller les juteux contrats de Demeesmaker !
"- Qu'est-ce que vous faîtes là ?
- Rien
- Vous avez rendez-vous ?
- Non, on m'a dit de passer..."
Voici donc comment Franquin enterra Spirou au profit d'une demi-page de Gaston dans le journal pour recommencer à travailler sans trop de pression ! Finies les histoires complètes de 46 pages : les planches de Gaston étaient plus simples à créer... Franquin était tombé dans la facilité...
Martin Laval a senti la bonne affaire et lui, contrairement à Franquin, n'a jamais fait décidément rire que lui-même, enfin à mon humble avis, et ce navet qu'il a commis est une véritable offense à la mémoire d'André Franquin, qui a dû se retourner dans sa tombe en voyant cette nullité.
D'ailleurs, avec tout le battage promotionnel dont on nous bassine sur cette pantalonnade, la pub TV clandestine dont on nous abreuve autant que la grève SNCF, ça ne doit pas se bousculer à l'entrée des cinémas !
Dans les gags du vrai Gaston, il y avait une certaine finesse d'esprit dont Martin-Laval est incapable ! Quant au personnage joué par ce pître ressemblant autant au dessin de BD que ma grand-tante à un curé, il ne suffit pas d'enfiler un pull vert pour se métamorphoser en Gaston. Et de plus, le vrai a un gros nez et celui de Théo Fernandez est en trompette. Gaston avait un ton subtil tout comme Smith d'en face et n'était pas ce pître grand-guignolesque qu'en a fait Martin-Laval à l'humour gras double !
Franquin n'a pas de chance : le pitoyable Spirou de cinéma 2018 a fait à peine plus de 200 000 entrées et a été rapidement retiré des circuits... Cette adaptation bancale de Gaston ne mérite pas mieux !
Le seul à avoir été dans le ton aura été Alain Chabat avec son Marsupilami bien mieux mis en images. Mais seulement, voilà ! Chabat lui a du talent !
Pourquoi permet-on à des abrutis en quête de pognon d'abimer de si beaux souvenirs ?

Afin de mettre à jour ce commentaire, je dois à mes lecteurs de l'actualiser :

  • Je félicite Isabelle Franquin d'avoir fustigé les responsables de ce détournement d'image. A noter que même héritière du grand dessinateur, elle n'a plus aucun droit (d'auteur) sur Gaston...
  • D'après une enquête du journal Moustique, le contrefacteur ayant porté (enfin tenté de...) ça à l'écran serait en fait un zorglhomme malfaisant créé par Zorglub pour nous pourrir BD et Cinéma. Dehors, l'individu se ballade avec un émetteur de zorglondes qui ressemble à un portable. Méfiance au-dehors.
    Résultat des courses : une grande baffe ! Un petit peu plus de 200 000 spectateurs en salles, et même pas 10% de rentabilité malgré le matraquage publicitaire à outrance !
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