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Gaston Lagaffe par pierrick_D_

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De nos jours,on adapte des bandes dessinées à tour de bras et il eût été surprenant que le héros de Franquin échappe à la razzia.Il faut préciser que ce n'est toutefois pas sa première apparition au cinéma,laquelle a eu lieu en 81 dans l'insignifiant "Fais gaffe à la gaffe" de Paul Boujenah,avec Roger Mirmont en Gaston.Mais ce film n'avait pu utiliser les noms des personnages car Franquin était réticent à cette adaptation et n'avait autorisé que la reproduction des histoires et des gags,les patronymes avaient été modifiés.Mais le dessinateur est mort en 97 et ses ayant-droits n'ont pas eu les mêmes scrupules puisque cette fois on a un "vrai" Gaston Lagaffe.C'est Pierre-François Martin-Laval qui s'y colle en tant que réalisateur,coscénariste et acteur dans un des principaux rôles.Etonnamment,cette transposition fonctionne plutôt bien,ce qui est rare quand une BD est portée à l'écran.Certes,le scénario est simplissime,pour ne pas dire simplet,et ne sert qu'à relier les sketches emblématiques des célèbres planches.Le contexte a été quelque peu modernisé,Gaston ne travaille plus au Journal de Spirou mais dans une start-up chargée de trouver des débouchés commerciaux à des objets souffrant de défauts de fabrication,ce qui entraîne des scènes très drôles,et les inévitables téléphones portables sont de sortie.D'ailleurs,l'intrigue est elle-même téléphonée,normal avec Gaston,et on comprend vite que ce catastrophique employé finira par devenir le sauveur de la boîte.Mais le film est bien fait et Martin-Laval s'appuie sur une direction artistique qui restitue de manière convaincante l'univers de la BD.Des couleurs vives,des objets et des personnages au design très caractérisé et performant,un décor unique mais vaste et parfaitement exploité créent un emballage visuel mêlant habilement vintage et modernité.Le réalisateur parvient en outre à mettre du rythme et les gags s'enchaînent harmonieusement.Le scénario des BD est respecté avec une grande fidélité,ce qui permet de retrouver la drôlerie des histoires narrées dans les albums,notamment les démêlés de Gaston avec le policier Longtarin au sujet de l'épave qu'est la voiture du garçon,les contrats régulièrement ratés avec le désagréable affairiste De Mesmaeker ou le béguin de la timide mademoiselle Jeanne pour le héros.Et puis bien sûr il y a la nonchalance et la fainéantise de Lagaffe,ce garçon atypique totalement inadapté à la vie en entreprise,et ses inventions délirantes qui provoquent sans arrêt des désastres.Même le fameux gaffophone,cet horrible instrument de musique au croisement de la harpe et de la corne de montagne,est ici présent.L'accumulation des méfaits involontaires de Gaston finissent par créer une ambiance destroy complètement barrée,soulignée par la mansuétude des employés du Peticoin,des trentenaires bobos-geeks allumés qui supportent et même encouragent les délires de leur indolent collègue.Les comédiens ont été opportunément distribués,à commencer par Théo Fernandez qui campe un Gaston invertébré et hyper cool très convaincant.L'acteur s'était fait connaître en incarnant Donald Tuche,un des membres de la célèbre famille,un rôle qu'il tient dans les quatre films de la série.Prunelle,le directeur excédé et dépassé par les évènements,est interprété avec un talent sûr par PEF himself.Alison Wheeler en cruche fleur bleue c'est une évidence,tout comme Charlotte Gabris en standardiste sexy.Jérôme Commandeur crève l'écran en affairiste ignoble,et Silvie Laguna est vraiment marrante en assistante débile.Les copains "musiciens" de Gaston ont les traits des excellents Jimmy Labeeu et Esteban,alors que la seule fausse note revient à Arnaud Ducret,qui se laisse une fois encore aller à sa fâcheuse tendance à en faire beaucoup trop en maniaque de la verbalisation.

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