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Gatsby le magnifique par Hugo Harnois

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Il est toujours honorable et respectueux de rendre hommage au roman dont notre film s'inspire. En parfait gentleman, Baz Luhrmann applique ces conventions grâce à des procédés simples mais importants. Car Gatsby le Magnifique est bien une œuvre de Francis Scott Fitzgerald écrite en 1925. Elle y décrit une société américaine en plein essor où l'argent tombe du ciel et l'alcool coule à flot. Dans ce monde fait de luxe et d'artifice, un homme semble différent, unique. Son nom est Jay Gatsby et il est interprété aujourd'hui par l'un des plus grands, Leonardo DiCaprio.

Si le cinéaste australien était né 400 ans plus tôt, il aurait été un peintre baroque. Le livre de Fitzgerald était écrit pour Luhrmann, et le réalisateur lui a rendu ses lettres d'or. Mais s'il se plaît à faire du château de Gatsby un vrai parc d'attraction, il n'en oublie pas pour autant le bon goût. Volontairement surfait avec des images d'une netteté dépassant l'entendement, Gatsby le Magnifique réussit à retranscrire cette période si singulière par sa mise en scène certes tape-à-l'oeil, mais de haute tenue. Il multiplie les plans dès les premiers instants pour nous faire entrer dans une ville allant à cent à l'heure. Puis plus le récit se pose, plus les images de Luhrmann se rallongent car nous perçons l'âme des personnages pour savoir qui ils sont vraiment.

Gatsby fait évidemment penser à Moulin Rouge pour son côté sulfureux et ses fêtes qui n'en finissent pas. Mais aussi et surtout à Romeo + Juliet grâce à des anachronismes réalisés encore une fois divinement bien. La ville, très rythmée, semble dangereuse (telle que l'était Vérone) pour des protagonistes qui ne veulent qu'une chose : s'aimer. Les musiques sont parfaitement bien choisies, et prouvent une bonne fois pour toute que les courants musicaux ne doivent pas forcément correspondre à la période évoquée pour que l’œuvre soit réussie. Merci Jay-Z.

Toujours au sommet, DiCaprio accomplit encore un rôle majeur dans une carrière sans fausse note. Une nouvelle fois surprenant par des mimiques qu'on ne lui connaissait pas, il rend à Gatsby toute sa splendeur, son ambiguïté et son charme. Tobey Maguire est aussi au niveau même si son personnage ne doit pas être des plus plaisants à jouer. Important au début et à la fin du film (le spectateur s'identifie tout à fait à lui, grâce à la voix off et sa place dans une ville qu'il ne connaît pas), ce dernier disparaît à la seconde même où Gatsby apparaît à l'écran. Le personnage de Daisy est également difficile à jouer. Artificielle, attirée par l'argent mais fragile, cette femme respecte son credo à la lettre : être sotte. Cependant, Mulligan n'a peut-être ni les épaules ni le talent pour interpréter un rôle de cette densité, trop légère à certains moments.

Les mauvaises langues affirmeront sûrement que ce film n'est qu'un cliché qui revisite une histoire d'amour déjà vu cent fois à l'écran. Mais c'est oublier le parti-pris du cinéaste, qui met dans le roman de Fitzgerald sa vision personnelle et sa propre touche artistique. Il retranscrit de manière brillante un personnage complexe, fait de valeurs et aveuglé par l'amour. À la fois gentleman sûr de lui et petit agneau solitaire, Gatsby est un personnage insondable, ce qui fait de lui un véritable mythe.

La très belle fin symbolique que nous offre Luhrmann prouvera une fois pour toute que ce millionnaire était un optimiste invétéré, où le mot « espoir » prenait avec lui tout son sens. Le plus pur. Le plus innocent. Le plus romantique.

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