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Avis sur Gentleman Jim

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Quand un bon marron dans la mâchoire te file la pêche ou Gentleman Jim, une péloche peuplée de grosses brutes épaisses en plein processus d’affinage. Raul Walsh, l'exemple même du bon sens, imprime sur bobine la légende d’un homme qui a su accorder art et cocard, armé de la seule l’aisance d’un danseur sur le ring pour mettre au tapis ceux qui faisaient alors la réputation de ce sport, les caïds des bacs à sable qui encaissaient mieux que leurs petits copains.

Gentleman Jim, c’est l’histoire d’un homme du peuple qui essaye de se frayer un chemin vers le lustre clinquant qui lui fait de l’œil, ce monde glamour qu’il idéalise avant de comprendre que la façade dorée n’abrite pas forcément que des hommes de cœur. Peu dupe, il n’est jamais question pour lui d’hurler dans les larmes son désarroi et c’est là que le film de Raul Walsh score à chaque coup de gong : sa success story est subtile, prévisible mais timide, ce qui la rend sympathique.

Mais elle l’est aussi parce qu’Errol Flynn prête toute sa bonhommie à ce cher James. Un sourire charmeur, une assurance de chaque instant, l’homme a beau user du verbe pour clamer sa supériorité, à aucun moment elle ne fait l’effet d’un tempérament prétentieux. Jouissant d’une écriture dosée à la perfection, ce boxeur fan de Shakespeare qui distribue des marrons entre deux rounds, sait se faire apprécier dès ses premiers jeux de jambe. L’enchaînement de ses succès fait exploser sa côte de popularité et lorsque l’enjeu pour le titre mondial se glisse dans la tirelire, chaque paire d’yeux lui est acquise.

Le face à face après match entre le challenger et le champion en titre, grand moment d’émotion contenue, parachève ce beau portrait d’un sport violent mutant vers l’expertise. La place est alors toute chaude, Raul Walsh peut conclure en bouclant son histoire d’amour bonus et bien gérée, qui permet à l’ensemble de se tenir, entre deux bastonnades amusantes des deux bouts en train comiques de la famille Corbett qui passent leur temps à se mettre sur la tronche.

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