Et roule flying Jim.

Avis sur Gentleman Jim

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Deuxième Raoul Walsh avec Errol Flynn après La charge fantastique, et boum, quasiment la même. On croirait presque que le grand blondinet te somme de le suivre et que tout le monde s'exécute sans la moindre hésitation.

Même d'un bagarreur prétentieux, rustre et magouilleur qui fait son malin, tout ça parce qu'il a trouvé comment voler comme le papillon et piquer comme la guêpe, Errol Flynn flotte au dessus de la suffisance et éclaire tout endroit où il se trouve de sa bonhomie. Sourire en acier trempé, il remet sa petite mèche, charme du regard et te convainc par derrière qu'il joue un gros bourrin tout droit sorti de sa campagne. Si le personnage embrouille tout le monde, l'acteur embrouille lui aussi le spectateur ni vu ni connu. Et à aucun moment on a envie de le frapper là où tout héros aurait explosé l'insupportable dès les premières secondes. Brillant et pur comme l'étoile, on le suit, benêt et sourire béat, qu'il soit macho, improbable ou bienveillant au plus haut degré. Ce n'est plus de la frime ni de la classe, c'est la définition même de la frime classe mais à l'ancienne, avec touche galante et vaseline de franchise. Et le gars est un surdoué, pas d'entraînement, ou alors à boire, mais sur le ring, c'est Ali boumayé.

La petite touche d'humour du coin ("Here comes the Corbett!") qui débarque chez les nouveaux riches complète parfaitement le boxon ambiant sans devenir lourd. ça crie, ça parie, ça jette des chapeaux, ça tape du pied, ça se fritte sans arrêt, 4 ou 5 combats, facile, sans compter les bagarres, et ça file tout droit vers la joyeuse ascension sociale. Les combats sont un très beau témoignage de la boxe à l'ancienne, même si le syndrôme Rocky est déjà là. Les boxeurs sont le plus souvent frais comme des gardons, même au 21ème round. L'art de la boxe a évolué et sa mise en scène aussi mais Raoul Walsh sait parfaitement ce qu'il veut montrer, l'essence noble du sport le plus brutal.

Gros plans sur les jeux de jambes, analyse des différentes techniques, vue de dos des boxeurs, le réalisateur, en plus de beaucoup s'amuser avec une flopée de seconds rôles (génial regard dubitatif à répétition entre les deux nouveaux riches qui n'ont pas parié sur le même poulain), nous fait partager toute l'adrénaline de la boxe. Tous les combats jusqu'à l'opposition (un peu convenue c'est vrai) entre Sullivan le bûcheron, truculent soupe au lait invincible, et Corbett l'acteur, Mohamed Ali de la nouvelle bourgeoisie du XIXème siècle, en disent long sur l'avenir du film de ring. Et quand arrive l'acte final, Raoul Walsh n'oublie pas de répéter avec grâce qu'ici, même les bourrus sont classes. En prime l'histoire d'amour est assez originale, et puis y a du dialogue quoi.

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