On n’envoie pas un lapin tuer un renard.

Avis sur Ghost in the Shell

Avatar Angie_Eklespri
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Réalisateur, Rupert Sanders. C’est qui ce gars? Inconnu au bataillon. Un point en moins. 1h46. Ah bon ? Un film avec de tels enjeux, réduit à moins de deux heures ? Mauvais signe. Encore un point en moins. Je n’attendais pas grand-chose de cette adaptation américaine. Les américains changent tout ce qu’ils touchent en plastique, produit de consommation, ou blockbuster. Un manga culte, qui devient un anime culte. Aboutir à une adaptation US re-culte, ç’aurait été trop demandé. Je ne rêve pas. Par contre on est vite prévenu. En faisant la queue dans le complexe cinématographique, on voit l’affiche du film.

SCARLETT JOHAHNNSON

GHOST IN THE SHELL

Quand le nom de l’acteur principal est plus important que celui du  film qu’il est censé mettre en valeur, c’est pas bon signe non plus. Scarlett pour jouer le rôle de l’agent Kasunagi, c’est pas une mauvaise idée. Par contre le reste…Tous les autres personnages sont des passe plat, le scénario est passe plat, le décor…passe plat. Scarlett superstar en tête de gondole. Le reste n’est pas très important. Ghost in the shell, où ça ? Définitivement pas à la hauteur Ruppert Sanders.

Que l’on transforme l’œuvre originale en film d’action, c’est déjà hors limite. Que le visuel soit froid, et les décors papier peint numérique. Que la couleur soit pâle et lunaire. Pour un film désincarné en diable. On est où, là ? On pourrait être à Los Angeles, Neo-Tokyo, ou sur Mars. N’importe où. Flou topographique. Mélange douteux entre Ghost in the shell et Innocence : Ghost in the shell 2. Tout miser sur les images, le ralenti, et les effets spécieux. Le film original était complexe, et on « comprenait » tout. Ici, c’est simple, et on ne comprend rien. L’histoire est vidée de sens, creuse.

Donc le terme ghost, veut dire esprit. L’agent Kasunagi est un esprit dans un corps de métal. C’est  R2D2 avec la plastique d’une page centrale de Playboy 2.0. D’ailleurs le collant couleur chair de Scarlett est du plus bel effet.

 On a dit à Scarlett : « Tu es un robot. »

Résultat. Elle marche comme un robot. Le réalisateur de ce truc doit être complètement con, ou alors il se moque de nous. Tout ce qui faisait le sel du film original : Le trans-humanisme, la bio-éthique, le cyber terrorisme, la politique fiction, ici c’est de la façade pour papier peint. Le fond est enfantin. Et un millier de coups de feu, comme il est de rigueur dans tout film d’action ricain qui se respecte. Le film est produit par Dreamworks. Merde. Encore un point en moins. Comment peut-on faire une faute de casting pareille ? Le remake de GHOST, par DREAMWORKS perlimpinpin. C’est n’importe quoi.

Les dialogues sont simples et laconiques, en accord avec le reste. Musique léthargique. Collée qu’elle est sur le rythme du film, et ces panneaux travellings au raaaalenti. A quoi servent ces ralentis au fait.
"ZZZZZZZZZZZZzzz" ???

C’est long. Long. J’ai l’impression que ça fait trois heures que je suis là.

"Rrrrrrr…ZZZZ"

Je ne rêve pas. Il y a bien quelqu’un qui ronfle derrière-moi. Incroyable !

En même temps, je le comprends. Quand on ne sait pas utiliser la lenteur, ou le ralenti pour dire autre chose que rien, ça donne du soporifique, et ça a l’effet d’un bon gros somnifère en dolby Surround.  Je perds mon temps, putain !  Je comprends le gars derrière-moi. Quand c’est aussi creux et chiant, tu dors, comme un gros bébé. Et voici le plus beau. Le méchant.

 C’est Michael Pitt. Il fait un mélange spécial, entre Frankeinstein junior, et imite quelqu’un que je connais. Blond. Mélancolique. Moins méchant que prévu. Musclé. Philosophe à ses heures perdues…Blade Runner ? C’est  Roy Batty, le réplicant qui donne du fil à retordre à Harrison Ford dans Blade Runner. LOL. Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Les scènes d’actions, renversantes, mais piquées sur Matrix 1 et 2. Une ou deux scènes typiques de la saga GHOST IN THE SHELL, pour faire un clin d’œil aux fans. Ils vont sûrement apprécier. (J’rigole). La fameuse scène du tank, repiqué et calqué sur le combat final de Iron man 1. Ridicule, toujours. Un combat final qui tombe à plat comme dans un film de super héros. Combat passe plat lui-aussi. Dans Iron man, on avait l’ironie mordante d’un Robert Downey Jr. Il y avait au moins ça. Il m’aura tout fait, Rupert. Je n’attendais pas un chef-d’œuvre, mais j’étais loin d’imaginer une catastrophe pareille.

Alors Kitano, est  clairement là pour le pognon. Il ne fait rien. Mais on lui doit au moins la meilleure réplique du film. Attention, c’est du lourd :

« On n’envoie pas un lapin tuer un renard » dit-il, avant d’exécuter un gars à bout portant…

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