♫ Rape, murder, it's just a shot away ♫

Avis sur Gimme Shelter

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Si les Rolling Stones sont aujourd’hui des icônes de la musique, leur carrière n’a jamais été un long fleuve tranquille. Le festival d’Altamont est un de ces évènements qui a tâché leur carrière, alors que celui-ci partait d’une intention louable. Face aux places de concert considérées comme trop chères par le public américain. Les Stones décident d’organiser un concert gratuit. Après délibération, le circuit d’Altamont est choisi, et ce notamment grâce à sa forme d’amphithéâtre et donc sa capacité à accueillir un maximum de spectateurs. Le 6 décembre 1969, 300.000 spectateurs s’y agglutinent pour assister au Altamont Free Festival, que les Stones clôtureront après des sets de Santana, Jefferson Airplane, ou encore de Crosby, Stills, Nash & Young.
On connaît tous la suite, la situation dérape très vite, des bagarres entre spectateurs éclatent, la foule est démontée au LSD, et lorsque le groupe de Mick Jagger joue Under my Thumb, un spectateur de 18 ans, Meredith Hunter, est tué à coups de couteau. Armé d’un pistolet et sous l’emprise d’amphétamines, il est considéré comme menaçant et est tué par Alan Passaro, un membre des Hells Angels chargé du maintien de l’ordre.
En parlant de ce festival, le batteur des Rolling Stones dira plus tard : « C'était une sorte de Woodstock, le genre de truc qui marchait à l'époque, mais cette mode allait sur sa fin. Si Woodstock a lancé la mode, elle a pris fin ce jour-là. ». On ne peut être plus d’accord avec lui. Les frères Maysles, chargé par le propriétaire du circuit d’Altamont de filmer le concert, captent à merveille la paranoïa ambiante du festival. Il est intéressant de comparer Gimme Shelter et Woodstock de Michael Wadleigh, puisque leurs tons sont radicalement opposés. Si Woodstock captait une harmonie totale entre les spectateurs et les musiciens, Gimme Shelter crée un véritable obstacle entre ces deux derniers : d’abord l’hystérie (à l’image des filles montant sur scène pour se rapprocher de leurs idoles), puis la folie.
Variant les points de vue entre spectateurs et musiciens, les frères Maysles signent là un véritable testament, une espèce de requiem macabre de la culture hippie, seulement quelques mois après Woodstock. Les cinéastes filment le concert comme un enfer dont il est impossible de s’échapper. Mais cet enfer, ce n’est pas le concert en lui-même, mais les spectateurs : « L’Enfer, c’est les autres ».
Et quoi de mieux pour terminer leur film que de mettre en bande-son une version alternative de Gimme Shelter aux dissonances flagrantes (versio qui semblerait avoir été utilisée dans Casino et les Affranchis) tout en filmant une foule de bêtes humaines droguées essayant de retouver leur chemin jusqu’à leurs voitures. Ces bêtes cherchaient un refuge, et les voilà perdues.

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    Avec : The Thing, Sang pour sang, Les Nerfs à vif, Les 8 Salopards,

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