La refonte d'un genre

Avis sur Gladiator

Avatar Alice Perron
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C’est une musique qui reste en tête des jours durant, et qui contribue grandement au succès de l’intrigue — ma favorite reste celle de Commode, insidieuse, inquiétante et séduisante. Ridley Scott a ramené de l’épique et remis le péplum au goût du jour. Et quand je dis de l’’épique, c’est dans toutes les scènes. Gladiator c’est une collection de plan forts et de répliques cultes (qui résonnent dans l’éternité je vous dis). Le film nous transport et on accepte volontiers notre suspension de crédulité, malgré un film très manichéen et peu crédible par moments.

En formant une distance avec des empereurs ayant existé, et donc avec la véracité de l’intrigue - voir à sa plausibilité, Ridley Scott peut refaçonner Rome pour coller aux codes du cinéma. Il apporte un grand soin à l’écriture de ses personnages. Oui, ils sont manichéens, mais ils parlent également à notre volonté d’idéal. Il est ainsi facile de haïr Commode et de supporter Maximus. Dès la première séquence Maximus gagne le cœur de son public, bien avant ses aventures de gladiateur. C’est nous qu’il vient conquérir, en se présentant en homme du peuple, saluant tout ces soldats, ne prenant pas joie dans la bataille. Il est la voie de la raison, et sa vengeance se pare du manteau de la justice. Quant à Commode, et à un magnifique Joaquin Phoenix, sa complexité et son inquiétante vulnérabilité en font un méchant captivant.

Ridley Scott maitrise les codes du grand spectacle, et dépoussière entièrement le genre du péplum. Il y mélange des idéaux, de l'abstrait et un conflit beaucoup plus intime et personnel. C’est aussi pour ça que le film restera dans les mémoires, pour reposer des bases, un standard de qualité.

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