Ode à la bête...

Avis sur Glass

Avatar Kerven
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L'époque est aux films crépusculaires, y compris chez les super-héros ; l'excellent "Logan" par exemple. Night Shyamalan y va avec ses propres personnages : ceux de "Incassable" et de "Split". "Incassable", film culte sorti en 2000 dont la fin laissait présager d'une vie assumée de sauveur patenté pour David Dunn. Mais visiblement il n'en est rien, David Dunn nous revient ici sans goût ni saveur, limite smicard de l'univers des super-héros. Et il sera absent d'une bonne partie de la narration. Shyamalan vient de tuer Dunn, et en même temps il enlève de la valeur à "Incassable". Reste Elijah Price, "l'inventeur" de David Dunn. Même sentence, il reste quasi inexistant pendant une bonne partie du film. Shyamalan vient de tuer (fracasser ?) Elijah. Qui reste t-il alors ? Kevin Wendell Crumb ? James McAvoy nous offre encore ici une partition exceptionnelle de son talent de transformiste déjà croisé dans "Split". Cet acteur est vraiment étonnant. Mais dans "Glass", ses multiples personnalités finissent par nuire au récit (un peu comme sur l'affiche...). Et l'idée de faire revenir Casey n'est finalement pas aboutie, comme si sortie du huis-clos, elle perdait de son intensité. Au centre de "Glass" ne reste alors que La Bête et la Dr Ellie Staple. Ce nouveau personnage apporte au récit une pseudo complexité qui tourne un peu à la farce avec sa société secrète... Bref, "Glass" est en partie un film raté. Mais de fait, c'est aussi un film à moitié réussi. D'abord par la manière de filmer, avec des angles, de la profondeur, un mouvement maîtrisé qui donne de la vie à un récit poussif. Et si le réalisateur casse ses jouets comme pour en finir définitivement avec le genre super-héros (c'est le présupposé du récit, les super-héros n'existent pas), James McEvoy donne encore un peu plus de relief à son personnage. Mais les points positifs s'arrêtent quasiment là. Dommage, l'idée de départ était pourtant intéressante et pouvait donner l'inverse, une sorte de revival perpétuant le mythe. Un film crépusculaire donc, mais sans la beauté du crépuscule.

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