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Avis sur Godzilla

Avatar Théo-C
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Décembre 2013. Premier trailer de l'un des remakes les plus entendus du moment. Atmosphère dark à souhait, séquence de saut en parachute au dessus d'une ville aux couleurs apocalyptiques, sur fond de Ligeti. Sobre, intense, inquiétant et se finissant par un cri du monstre tétanisant... Ce film-annonce de deux minutes suffit à faire monter la pression et l'attente.

Le résultat arrive cinq mois plus tard. Edwards s'est déjà illustré assez honorablement dans un film indépendant de la même catégorie. Mais pour ce remake, les enjeux sont très différents : le réalisateur bénéficie d'une cagnotte généreuse pour remettre en selle l'un des montres les plus mythiques du cinéma. Le défie est de taille.

"Godzilla" tient toutes ses promesses, afin presque. Il est clair que Gareth Edwards a construit son film pour célébrer le monstre. Ce dernier se fait désirer, arrive très tard dans le film. Mais dès sa première apparition, la claque est immense !
Les avancées technologiques ont bien entendu permis une modélisation hyper réaliste. Mais c'est avant tous les choix judicieux de la mise en scène qui alimentent l'admiration. En effet, la créature n'est jamais filmée dans sa totalité et toujours à hauteur humaine.

Le point de vue "humain" est très important dans ce remake. Face à la puissance des monstres, les humains ne sont rien. De fait, le réalisateur filme sa star du point de vue des insectes qui l'entourent, pour d'avantage appuyer leur infériorité (symbolique assumée de la contre-plongée). Et encore une fois, la mise en scène se focalise essentiellement sur les monstres, de telle sorte que les soldats sont un simple décor... destructible.
En ce sens, la dernière demie-heure du film est d'une grande intensité visuelle et sensationnelle. On en aurait aimé plus !

C'est donc du côté du scénario que la bât blesse. Si la première demie-heure du film captive par la forte présence de Bryan Cranston (définitivement un putain d'acteur), un père de famille meurtri et un scientifique borné prêt à lever le voile sur les manipulations des autorités, la seconde partie du film, quant à elle, patine. C'est son fiston, Ford, qui prend le relais pour poursuivre la quête vers la vérité. Sauf que l'intrigue sur les MUTO est périlleuse et que le film dévie gentiment vers quelques clichés du genre : le scientifique qui essaye de convaincre le militaire de ne pas tuer la bête.

Heureusement, la mise en scène, exposée plus haut, permet de contrecarrer ses faiblesses narratives en définissant l'être humain comme prétentieux, mais finalement faible... De fait, la fin du film, qui peut être vue comme un clin d’œil final au monstre, expose également la naïveté de notre espèce. Le mythe est donc conservé et sublimé.

Ce "Godzilla" 2014 est un blockbuster intelligent. Même si son récit est en demie-teinte, il faut avouer que le mythe japonais est ici pleinement célébré. De quoi déguster quelques séquences fortes, comme le réveil du MUTO, l'attaque du pont, ou encore le fameux saut militaire au dessus d'une ville de fumée.

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