Comme une baleine dans Microcosmos

Avis sur Godzilla

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ça faisait quelques semaine que je le regardais de travers. J'aimais pas sa gueule. Je me disais que c'était un détail, qu'une fois dans le film je m'y ferais, ce serait vite oublié. Peut-être même que c'était juste un mauvais choix d'angle de vue sur l'affiche et qu'en vrai il ne ressemblerait pas à ça. Et puis c'était le film que j'attendais le plus cette année, je n'allais pas m'arrêter à une affiche.

Nan il ne pouvait pas ressembler à ça, c'était complètement con, pourquoi créer une créature en CGI si c'est pour lui donner la silhouette, la posture et la démarche d'un mec dans un costume en mousse ? Vraiment les mecs qui ont fait l'affiche avaient dû se gourrer. Le machin là, de dos, tout vouté avec les longs bras balants c'était sûrement un leak de concept de Killer Croc pour le prochain Batman qui avait atterri sur le bureau d'un stagiaire de Legendary. L'accident bête.

Mais en fait non. :-/

Ce Godzilla, son apparence, son background, son comportement faisaient sens en 1954. Son design était dicté par l'image qu'on se faisait à l'époque d'un reptile géant et par le fait qu'il était incarné par un acteur en costume. Et son origine était crédible vis a vis des connaissances de l'époque.

Il y a quelque chose d'anachronique dans le fait de reprendre tel quel dans un film de 2014, dont l'action se déroule en 2014, une créature imaginée en 1954 selon les canons de l'époque. Je n'ai pas pu rentrer dans le film, chaque fois que je voyais ce gros machin balourd marcher comme un camionneur, prendre des poses de catcheur, tenir des choses dans ses mains ... C'est comme si dans La Guerre des Mondes de 2005 les tripodes étaient encore des cylindres sur pattes tombés de la Lune dans de gros obus.
Et quand j'entendais Ken Watanabe dire que Godzilla est un dinosaure géant mutant radioactif envoyé par Dame Nature pour rétablir l'équilibre ... C'est pas possible, en 2014 on ne peut pas sérieusement faire tenir ce discours là à un personnage de scientifique dans un univers contemporain réaliste.

Ces anachronismes cristallisent toute l'hypocrisie du film qui revendique en apparence l'héritage de l'oeuvre originale tout en étant un truc américano-centré formaté 2014.

Il y a 16 ans Emmerich avait compris la nécessité d'adapter la créature à un contexte contemporain. Sa démarche était honnête et si la deuxième moitié de son film était ratée, contrairement à ce que se plaisent à rabâcher les puristes ça n'avait pas grand chose voir avec le design du monstre.

Cette fois les gardiens du temple seront ravis, la bestiole est ultra fidèle à l'originale, elle trimbale avec une majesté naïve son anatomie retro et ses origines antediluviennes dans un contexte qui les rendent absurdes. Pour la crédibilité on repassera, et pour le reste aussi du coup, je n'ai pas réussi à me focaliser sur autre chose. (J'ai juste des flashs de dialogues bidons et d'enjeux humains ultra cliché. Mais c'est pas possible, pas avec Gareth Edwards, pas après Monsters.)

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