Monstres & Cie

Avis sur Godzilla

Avatar Saint-John Poivrot d'Arvor
Critique publiée par le

J'ai jamais pu encadrer les monstres. Vraiment pas mon truc. Ça sert vraiment à rien un monstre quand on y pense, juste à vous foutre un chambard pas possible et à déféquer dans tous les coins de votre belle bourgade. Et plus c'est gros et plus c'est con en plus, et capricieux par dessus le marché. Pas moyen de négocier ou de parlementer avec, c'est tout de suite le bordel et les fracas. Et moi le bordel, j'ai jamais aimé ça ; j'aime l'ordre en toutes choses. Alors j'aime pas les monstres.

Mon frangin lui, a toujours adoré les films de monstres. Il trouve que ça tonitrue grave. Alors comme j'ai trop peu l'occasion de le voir ces derniers temps, on a décidé d'aller voir Godzilla ensemble, pour son bon plaisir. Le truc c'est qu'il a fallu se le taper en 3D le navet, et moi leurs maudites lunettes à la con ça me fait quand même une fameuse tête de zozo, et j'aime moyennement ça. Du coup j'ai pris sur moi en gobant tagadas sur tagadas.

Je voudrais pas vous gâcher la fête aussi rapidement, mais le film il était quand même bien pourri comme il faut. Conforme à mes attentes en quelque sorte. En gros c'est l'histoire d'un Cassandre scientifique qui a découvert que ça allait bientôt merder grave pour tout le monde mais que tout le monde il est pas du tout gentil parce que tout le monde il veut même pas le croire. Le tout saupoudré d'une farce comploto-nucléairo-nanardesque en guise de scénario et d'une tragique histoire de famille aussi chiante qu'agaçante. C'était tellement basique que j'ai même pas tout compris en fait. Et vas y que ça traîne en longueur et que ça défonce des portes ouvertes à pleine pellicule.

Je l'ai même fait savoir à mon frère à un moment, que je commençais à trouver ça long et chiant son Godzilla. Il a même pas eu l'air de désapprouver mon propos. Il a commencé à bouffer des tagadas à son tour.

Alors y'avait quelques jolis scènes d'apocalypse par ci par là c'est vrai. Celle avec les fumigènes rouges qui font comme des larmes de sang dégoulinant du ciel par exemple. C'était bien beau mais c'était bien tout. Et c'était vraiment bien peu.

Ah ! oui, et y'avait Godzilla aussi évidemment. Vraiment bien foutu dans le genre "fossile à la con", on aurait presque dit Philippe Tesson à certains moments. Et pourtant il fout bien le bordel partout le gros sagouin, et il range rien du tout à la fin en plus. J'en ai eu des tics pendant la moitié du film tellement j'étais dérangé par tant d'incivilité et de manque de symétrie.

Je passe volontairement sous silence la performance des deux autres monstres qui ne pensent qu'à se pécho sauvagement durant tout le film, par pur esprit de charité. Mais je peux juste vous dire que ça m'a pas réconcilié le moins du monde avec les monstres cette affaire.

A la fin, quand les lumières se sont enfin rallumées, j'ai pas pu m’empêcher de sourire jusqu'aux oreilles pourtant. Je serais bien en peine de vous dire pourquoi, mais j'ai toujours la banane quand les lumières s'allument à la fin d'un cinoche. Toujours pareil, navet comme chef d'oeuvre je souris comme un con. Mon frère m'a alors dit que j'avais l'air d'avoir bien kiffé le film quand même, étant donné mon degré de béatitude.

Mais comme il savait pas pourquoi je souriais, et que moi non plus je savais pas, j'ai pas cherché à protester outre mesure. J'ai juste rien dit. J'ai laissé croire. J'ai trop peu l'occasion de voir mon frérot ces derniers temps.

Sur le chemin du retour on a devisé quelques minutes comme ça dans les rues bondées, à propos de tout et de rien. On nous regardait bizarrement depuis la sortie du cinéma. En fait on s'était même pas rendus compte qu'on avait encore nos lunettes de zozos sur la bouille.

Vous auriez vu la scène. On aurait dit deux monstres.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1790 fois
86 apprécient · 6 n'apprécient pas

Autres actions de Saint-John Poivrot d'Arvor Godzilla