Les crocs aux dents de lait

Avis sur Godzilla II : Roi des monstres

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Il aura beau avoir scénarisé « X-Men 2 », les blockbusters qui suivent n’ont pas eu la noblesse d’hériter d’un traitement aussi pointu. Michael Dougherty est passé par bien des zones d’ombres et revient au premier plan pour décevoir de nouveau. Bien que l’on puisse rarement condamner les ambitions de films aussi titanesques, rares sont ceux qui parviennent à remplir leurs promesses. On ne parlera pas de spectacle, car il aura tout de même lieu, mais l’artifice ne prend pas si l’écriture ne suit pas. Les objectifs du studio sont pourtant clairs au milieu de l’apocalypse qui en résulte, à savoir introduire un Monster Verse à l’échelle mondiale, ou bien un moyen non subtil pour nous faire patienter avant l’entrée en lice de Godzilla vs. Kong. Mais l’intérêt de la chose passe à la trappe, du moins maladroitement, à force de vouloir nous offrir des affrontements à tout-va.

En effet, chaque échange ou chaque moteur scénaristique ne vise qu’à nous propulser vers une confrontation directe entre titans. Les personnages, voire l’ensemble des humains, sont délaissés et ne sont présents que pour meubler le décor. Mais quel intérêt de les suivre, si ce n’est pour le registre catastrophe ? Monarch est donc au cœur de cette mêlée, mais quasiment en tant qu’observateur, une fois la menace libérée. Il n’y a de secrets pour personne, ce sont les humains qui deviennent leur propre prédateur, or cette piste n’est jamais approfondie, une fois sous-entendue. En échange, le récit empile des sous-intrigues qui manquent de cohérence et les personnages se contredisent d’une scène à l’autre. Rattrapons-nous sur ce qui nous a charmé dans le premier volet. Mais là encore, le gigantisme loupe le coche et on constate que l’échelle n’est pas toujours respectée, vis-à-vis des humains. On ne parlera pas de choses bâclées, mais négligées, ce qui est pire.

Et si l’on revient au scénario, c’est encore plus laborieux. L’eco-terrorisme frappe simultanément toutes les salles du moment. C’est n’est pas simplement une notion censée nous sensibiliser aux enjeux environnementaux actuels, il s’agit surtout de dénoncer l’erreur humaine dans cette naïveté sans nom. On retrouve alors l’exemple classique d’un drame familial, en quête de reconstruction, ou pas. Nous ne savons jamais vers quoi s’oriente la décision des protagonistes, même pour ces scientifiques, aussi primitifs soient-ils. Si l’objectifs des kaijus tend à rétablir un équilibre sur Terre, cela peut justifier tout le chaos à venir.

En somme, « Gozilla : King Of The Monsters » de Dougherty met presque tout sur le dos du numérique. C’est un spectacle, entre élégance et bouilli visuel, à fresques iconiques pour les affrontements, mais en dehors de cela, c’est humour potache et intrigue sans queue ni tête. On se contente de plans larges, sans personnaliser des chorégraphies dignes des statuts des monstres. Le rythme ne lâche rien et nous perd dans toute cette aventure hors norme. Si la Terre creuse s’appliques aux titans, nous nous avons la magie du montage. Et il serait temps de comprendre la différence entre l’impuissance humaine, face à une menace, et l’inutilité scénaristiques de ces derniers. Le film passe son temps à temporiser avec des transitions, afin de filer rapidement vers la sortie. L’intention est louable à l’échelle de la paresse et hors-sujet à l’échelle du Monster Verse qu’on cherche à développer.

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