Oh putain !

Avis sur Godzilla II : Roi des monstres

Avatar Capitaine-C-L-G
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Alors certes, ce titre n'est pas des plus poétiques mais il a au moins le mérite de bien résumé ma pensé durant ma séance (et je l'admets volontiers, je n'ai pas le langage le plus fleuri qui soit).

On pourrait me rétorquer qu'il y a deux façon, au moins, d'interpréter "Oh putain !", sans aucun lien avec les péripatéticienne dans le cas présent.
Nous avons donc le "Oh putain !" de consternation, généralement agrémenter d'un facepalm, et le "Oh putain !" je kiffe ce qui se profile sous mes yeux (liste des sens de "Oh putain !" non exhaustive).
Durant ma séance, j'ai usé des deux, avec tout de même une prédominance du "Oh putain !" je kiffe ce qui se profile sous mes yeux.

Godzilla II souffre en fait d'un mal assez fréquent : ses qualités sont la sources de ses défauts.
Dans sa volonté de mettre l'accent sur le divertissement et la destruction titanesque, le scénario est relégué au second plan, bancale au possible, ce qui est fort dommageable.

Les personnages sont, évidement, interchangeables et je sais admettre que mon attachement pour le personnage de Madison est grandement dû à son interpréte, et mon petit gros amour pour la série qui l'a révélée.
C'est d'autant plus évident avec le "méchant" du film et ses motivations, qui sont depuis longtemps bien clichées, lui qui n'aura pour seule conclusion (si on peut dire)...une scène post-générique.

Pour ne rien arranger, le scénario n'avance que par les ficelles aussi grosses que ma silhouette après les fêtes de fin d'années, il suffit de voir la chance insolente dont bénéficient grand nombre de personnages ou encore la baignoire la plus solide de mémoire d'hommes.
Et ce ne sont pas les dialogues qui vont rattraper le niveau (c'est dingue de voir comment, même avec l'apocalypse sous les yeux, certains prennent toujours le temps de sortir leurs petites blagounettes).

Mouais, c'est pas folichon.

Le truc c'est que...Je le savais pertinemment avant d'aller le voir, et vous aussi vous le savez, on le sait tous.
Ça n'enlève aucunement ces nombreux problèmes (qui malgré tout plombent le film) mais au moins, à défaut d'avoir un scénario solide, peut-être avons nous un divertissement efficace. Après tout, si je me suis déplacé en salle, c'est pour voir des monstres se foutre sur la gueule et voir tout ce qui a la possibilité d'être détruit...et bien être détruit justement, et de ce côté là, j'en ai eu pour mon argent (et puis au pire j'ai un abonnement donc...).

S'il y a bien une chose avec laquelle Dougherty (dont je recommande encore et toujours le sympathique Krampus ) ne s’ennuie pas pour son Godzilla : c'est la subtilité. Les symbolismes sont nombreux, clins d’œils tout autant (au point que sans avoir vu les Godzilla de la Toho je voyais quand même les clins d’œils, c'est dire s'ils sont discrets), et pourtant, j'aime beaucoup les symbolismes du film.

Outre

le sacrifice de Serizawa : un japonais qui se sacrifie pour redonner de la force à Godzilla

(scène bancale dans l'exécution mais forte dans le symbole)
Il faut relever le large parallèle biblique que dresse ce film avec ses monstres.

Des monstres qui sont bien au-delà, ce sont des titans mais aussi des dieux.
Gidhorah, un monstre ailé descendu du ciel et apportant l'enfer sur Terre, est un renvoi évident à Lucifer, là ou Mothra est clairement définit comme une déesse, verbalement dans le film mais aussi visuellement, descendant du ciel dans une lumière éclatante.
Mais c'est un plan qui est particulièrement parlant : Ghidorah surplombant une montagne, en arrière plan, alors qu'une croix est visible au premier plan. De par cette opposition dans le cadre, Ghidorah s'oppose à la croix, à Dieu, se plaçant donc comme une symbolique du mal, opposé au bien.
Bon, certes c'est manichéen, mais c'est terriblement efficace dans le symbole.

Face à ces dieux, dont l'affrontement est littéralement cataclysmique, l'Homme ne peut que regarder, tout impuissant qu'il est, au mieux peut-il filer un léger coup de pouce. C'est là qu'intervient la mise en scène de Dougherty.

Doué pour iconiser son bestiaire, dont les principaux auront tous droit à leurs petites pauses iconiques (si ce n'est plus), il fait néanmoins un choix de mise en scène risqué : se placer du point de vue du spectateur. Extrême contre plongé, monstres dont seule une infime partie du corps entre dans le cadre,... On suit l'action du point de vue des personnages et par conséquent, on est complètement dépassé par ce que l'on a sous les yeux tant c'est démesuré et dantesque. Bien sur, l'action est parfois moins compréhensible mais cela est complètement voulu et ne fait que renforcer l'immersion, on est au milieu d'un cataclysme ou tout nous dépasse.
Un choix risqué mais qui paye, l'action ne devient que plus efficace et Dougherty ne s'empêche pas de reculé sa caméra (point de vue des personnages dans les appareils volants), nous permettant de profiter des affrontements titanesques.

Pour accompagner cette action incroyable, outre la très belle direction artistique, offrantdes plans magnifiques (notamment pour sublimer Mothra), il faut noter un travail du son tout aussi efficace et immersif.
Dés les logos d'ouverture, on est introduit par les pas de Godzilla de plus en plus fort, suivit du rugissement iconique qui met immédiatement dans l'ambiance.
Le son envoie du lourd dans les esgourdes pour mon plus grand plaisir, sans délaisser le silence avec quelques scènes silencieuses mais qui, par la rupture opérée, n'en demeure pas moins très efficace.

Franchement, il est loin d'être à jeter ce film. Dans le divertissement pur, il est efficace. C'est sur que ça ne suffira pas à tout le monde pour apprécier mais en ce qui me concerne, je ne vais pas le caché : c'était un bon moment !

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