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Au moment de noter Gravity, me voilà bien embêté. Il y a dans ce film de fort bons aspects, mais aussi de forts mauvais. Pour faire simple, autant le début est très beau, autant la fin est ridicule. En bref, il y a deux aspects.
Tout d'abord, le film nous a été vendu comme un véritable exploit technique. Et on sait tous qu'en matière d'exploits techniques, le Cuaron, il envoie le bois. Et le plan d'ouverture est déjà un régal en soi. Le cinéaste a tout misé sur une immersion totale du spectateur dans le film. Il ne s'agit pas de montrer un personnage dans l'espace, mais de nous y plonger entièrement. La caméra qui bouge dans tous les sens pour que le spectateur perde ses repères comme Ryan Stone propulsée dans l'espace.De splendides images de la Terre vue de l'espace. Et surtout (ce que j'ai préféré) les passages en caméra subjective. De grands moments.
D'autant plus que le film se veut réaliste (je reviendrait plus tard sur cette volonté de réalisme, qui n'est pas forcément toujours respectée avec la cohérence que l'on pourrait souhaiter). L'ISS, la difficultés des gestes en apesanteur, Soyouz, tout l'aspect technique spatiale n'est pas inventé. Concrètement, nous ne sommes pas dans de la science-fiction. La scène où Stone est dans l'ISS montre bien cette volonté de réalisme.

Jusque là, on pourrait se dire que Gravity est un docu-fiction efficace. Le problème, c'est que le film cherche aussi à raconter une histoire. Et alors là, on choit.
Bordel, mais qui nous a foutu un scénario pareil ??? Je parie que c'est encore un coup des Klingons qui veulent saboter l'entreprise spatiale terrienne !
Le film nous raconte donc l'histoire de docteur Ryan Stone qui, comme son prénom ne l'indique pas, est une femme. Et cette femme, c'est La Chèvre. Non, ce n'est pas LeMicka, c'est la Chèvre, de Veber. Vous savez, dans ce film, Perrin est un mec qui attire la malchance; dès qu'il y a un truc qui tombe quelque part, c'est pour sa tronche. Eh ben la Stone, c'est un peu comme sa fille spirituelle, mais sans l'humour.
SPOIL SPOIL SPOIL
Donc, le docteur Stone, elle se prend des débris dans la tronche, elle est propulsée dans l'espace avec un réservoir quasiment vide, elle provoque la mort de tout son équipage, l'incendie de l'ISS, Soyouz qui se coince le parachute, puis qui n'a plus de carburant, puis encore et toujours ces putains de débris, etc.
FIN DE SPOIL
En gros, le film est construit sur un schéma répétitif : un emmerde, les conséquences de l'emmerde, et une solution, puis un second emmerde avec ses conséquences et sa solution, et ainsi de suite. C'est là que la volonté de réalisme part en vrille, et que le film perd sa cohérence pour ne devenir qu'une succession d'incidents parfois illogiques et dont on se contrefout.

Et puis, il y a la psychologie du personnage. Et là, les scénaristes, ils ont fait fort. Parce qu'une dépressive suicidaire comme ça, on ne l'envoie pas dans l'espace, bordel !
Gravity se présente donc comme une sorte de film de rédemption, ou plutôt de résurrection.
SPOIL SPOIL SPOIL
Ryan Stone ne vit plus depuis que sa fille est morte, et l'espace est, pour elle, une façon de mourir un peu également. Et le film va nous montrer, de façon symboliquement tellement lourde que ça en devient vite gavant, comme elle va, petit à petit, s'enfoncer dans sa dépression, puis reprendre goût à la vie pour redevenir forte et renaître littéralement. C'est d'un ridicule qui frôle le pathétique.
FIN DE SPOIL
En gros, pour faire simple, un film visuellement superbe mais qui aurait peut-être dû s'en tenir à ça, et ne surtout pas chercher à nous raconter une histoire qui l'enfonce dans le n'importe quoi.
SanFelice
5
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il y a 8 ans

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20 commentaires

Gravity
Gand-Alf
9
Gravity

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