Saucisse et pain chaud...

Avis sur Grease

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À partir du moment où il faut qu’un homme passe la bague au doigt de sa bien-aimée pour lui garantir son respect, à partir de la confession – en chanson – de la passion qui anime notre héroïne et qui jamais ne cessera de brûler (qui dit femme dit cœur qui bat dit fragilité), à partir des pensées qui occupent notre protagoniste lorsqu’il se fait « plaquer » - que vont penser les potes ? c’était pourtant un bon parti -, à partir de ce fond misogyne insupportable qui imprègne toute l’œuvre en vaste crescendo, Grease chute, accumule les pas de danse de la manière la plus nauséabonde qui soit. Le problème ne vient pas des chansons ni des acteurs, pas même de la mise en scène qui, si elle n’a aucune idée originale, assure le spectacle. Mais quel spectacle ? Celui d’une exhibition sexuelle partout présente : dans la bouche des filles et des garçons, comme unique leitmotiv existentiel ; mention spéciale à la complainte du gros matou Travolta devant l’écran de cinéma plein-air où s’accouplent une saucisse et son pain à hot-dog. Les coups de reins abondent, les gestes dépravés s’accumulent, les corps s’entassent sur la piste de danse. Les filles ne valent guère mieux, allant de la 100% superficielle à la fille angélique qui se joue pourtant d’un garçon pour rendre jaloux son jules et qui finit tout de cuir vêtue. Top ! On pourrait penser à un second degré mettant en scène des clichés sur pattes… Jamais remis en cause, jamais moqués, jours confortés dans leur cinglante bêtise. L’intelligence ne tient tout simplement pas, glisse sur le sacre raffiné d’un produit générationnel. Et que de longueurs : un générique initial mal fichu, un bal interminable ; pourtant, on apprend à la fin qu’une année scolaire a passé ! Tempus fugit. Tenu à l’écart de toute démarche un tant soit peu réflexive ou humaniste, Grease est le reflet d’une époque et de ses mentalités qui, fort heureusement, ont depuis évolué (enfin on l’espère). Une ode à la débauche enrobée du plus mauvais et vulgaire miel. Forcément culte...

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