Une ode a la tolérance portée par deux merveilleux acteurs.

Avis sur Green Book : Sur les routes du sud

Avatar Thomas Faidherbe
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Les années 60 sont de retour, et malheureusement à cette époque la ségrégation raciale régnait encore dans de nombreux états si on était noir. Si l’on voulait voyager dans le pays, il fallait éviter certains endroits pour ne pas être menacé d’être expulsé. Le seul recours possible était The Negro Motorist Green Book, ce guide donne le titre au film de Peter Farrelly.
Le film retrace la véritable histoire du pianiste de jazz Don Shirley et de son chauffeur et garde du corps Tony Lip lors d’une tournée entre New York et le sud profond.
Dans les deux rôles principaux, on retrouve Mahershala Ali (Oscar du meilleur acteur pour Moonlight) et Viggo Mortensen.

Le pitch de Green Book n’est pas sans rappeler celui de Miss Daisy et son chauffeur (un film qui lui fut oscarisé)
Dans le film de Farrelly, la situation est inversée, c’est bien le blanc qui conduit le Noir. On retrouve donc deux profils bien différents avec en l’occurence d’un côté un Afro-américain et de l’autre un italo-américain du Bronx populaire dans son quartier disposant d'une façon de parler et de se déplacer bien particulière. En somme, c’est une véritable caricature.

Un film de potes

Ce film est en réalité un Road Movie voire même un Buddy Movie entre ses deux hommes. C’est évidemment la confrontation de deux univers complètement différents. La question que vont se poser les spectateurs est de savoir si leur relation va fonctionner.
Et bien avec aucune surprise le film va réaliser cette union de deux hommes d’univers totalement opposés. Cette relation va s’envisager à travers une particularité, l’humour. Malgré le ton, un brin quelque peu raciste de Viggo Mortensen, c’est bien à travers l’humour que tout va passer. Chacune des conversations portera dans une certaine mesure l’humour afin de limiter cette question raciale.

Un regard rafraichissant sur l’Amérique des années 60.

L’impression première de ce film donne l’impression d’un feel good movie, on a plaisir à traverser l’Amérique à leurs côtés. Par moments, on a même envie que cela ne s’arrête pas. On ne souhaite que la poursuite des aventures des deux hommes aux profils si différents. 
Mais le regard du film ne sera pas de tout repos car il n’affiche pas un beau portrait de ce sud des États-Unis, la tension est univoque vis-à-vis des communautés. Cela se ressent dès le portrait des deux personnages si opposés dans leurs caractères et physiques.
Néanmoins, le film n’est pas que social, c’est avant tout un projet d’acteurs qui le portent parfaitement. Les deux acteurs réussissent de par leurs différences, à amener une expérience que l’on aurait bien aimée revivre.
Le projet de Peter Farelly délaissé de son frère paraît un peu contradictoire au vu de la filmographie des deux frères qui ont normalement l’habitude de mener vers des films potaches et comiques. Dans ce projet, le projet tourne et mène cette oeuvre vers la question du racisme. Le réalisateur décide donc de tourner dans un angle bien différent de ses anciens projets. Cependant, il arrive toutefois à rappeler ces codes en liant deux angles bien distincts par des scènes à la fois très potaches et sentimentale
Dans une moindre mesure, ce mélange se reflète par les manières d’agir des personnages quelque peu burlesques.Cet humour qu’ils ont pu profondément travailler dans leurs précédents films est assujettis à un discours. Ainsi on assiste à un très beau projet de cinéma et un pur moment de cinéma.
Même si le film est chaleureux et confortable, une nuance doit être faite. Le récit avec ces deux antagonistes cherche à racheter les fautes de la société, cela est une figure très forte de la culture américaine. Mais cette façon de vouloir tout corriger et d’émettre un beau message sont vieilli. La manière de raconter le racisme n’est pas nouvelle et ne semble pas évoluer dans le propos du film. La question ne cherche pas a le rassembler dans une question du commun et du collectif mais plutôt de l’individu. Comme ci deux bons individus pourraient racheter les fautes de la société. L’aspect politique du film est inoffensif, le sujet n’est pas traité de manière frontale. La joie de ce film n’illustre pas cet aspect et le délaisse profondément. 
Enfin, malgré tout, le film ne baisse pas en qualité et reste tout de même un super film qu’il ne faut surtout pas rater.

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