There is no message

Avis sur Green Room

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Mai 2015, Green Room de Jeremy Saulnier est sélectionné au sein du programme de la quinzaine des réalisateurs. Ce n'est pas la première fois que le jeune homme se fait remarquer au sein de la quinzaine. Il avait déjà sévi en 2013 avec le sublime thriller qu'est Blue Ruin.
J'assiste alors à une des avant premières cannoise en compagnie de Mr Jeremy Saulnier dans l'enceinte du Studio 13 d'une MJC ressemblant étrangement aux décors de Green Room.
Jeremy Saulnier est connu pour un ciné pour le moins cru mais sachant utiliser la violence à bon escient.

C'est ainsi qu'à la différence d'un Blue Ruin, le film ne se déroule non pas en monde ouvert mais bel et bien en huit clos. Nous nous éloignons alors du Thriller Ultra Violent qu'était Blue Ruin pour se diriger vers un cinéma de genre à mi chemin entre le cinéma Gore, le Survival et le Teen Movie.

L'histoire prend place dans un univers underground qu'est celui du milieu Punk. L'histoire étant alors La découverte par un jeune groupe punk ( anti fasciste ) d'un assassinat brutal au sein d'une salle de concert tenu par des néo nazis. Ces derniers vont alors essayer de dissimuler toutes les preuves mais également les témoins étant dans le cas présent ce jeune groupe de punk.

Le film aborde alors une thématique assez peu emprunté par le cinéma actuel . Tout d'abord le fait que le film prenne place au sein du milieu Punk Hardcore / Metal est presque une situation inédite !
La bande son s'en ressentira alors et quel plaisir d'entendre du Dead Kennedy's, Slayer ou encore du Jello Biafra dans un long métrage. Cette bande son servant également à merveille l'ambiance et le cadre du film.

L'ambiance du film est ainsi étouffante , on se retrouve dans cette salle de concert jonché de tags et autres drapeaux étant en faveur du nazisme et toutes autres formes d'extrêmisme raciste. Le film est ainsi plongé dans ce milieu musical underground avec des groupes tous plus lourd e violent les uns que les autres qu'il s'agisse de simples apparitions de logo de Nile, Obituary, Toxic Holocaust ou encore Dilinger Escape Plan ou alors même de chansons complètes comme avec War Ensemble de Slayer lors de la découverte de l'assassinat dont les paroles du refrain scande ce qui va alors se passer durant le film :
The final swing is not a drill
It's how many people I can kill

Nos fidèles compagnons constituant le groupe de jeune punk assiégé va continuellement au cours du film se recentrer sur une pièce de la salle de concert étant la fameuse green room ( étant les backstages).
Cette pièce sera une sorte d'interface où il ne pourrait rien leur arriver. Cependant dès la porte franchie , tous les dangers se retrouvent à leur merci.
On verra alors l'utilisation de cette salle de façon ingénieuse par Saulnier. Dès la rentrée dans cette salle le son est bas et va alors permettre réflexion et mise en place de plans afin de pouvoir échapper à ces nazis ne faisant qu'attendre afin de les massacrer.

Venons en à nos nazis . Ces derniers se disent ouvertement n'appartenir à aucun parti mais à un mouvement. Mouvement directement hérité du 3° Reich. Ils ont alors comme toutes organisations une hiérarchie très stricte. On verra à leur tête un certain Patrick Stewart ( connu pour son rôle dans X men), qui commande ses "légions" du noms des lacets rouges ( tout comme les ss dans l'Allemagne nazie) et les membres devant faire leurs preuves.

Le film va alors prendre forme autour de cette traque acharnée. Comme le dit l'expression " La fin justifie les moyens ", le club de néo nazis n'hésitera alors donc pas à user de chiens, machettes et autres fusils à pompe afin d'exterminer ce groupe de jeunes ,témoin d'un crime perpétué par des membres de cette ligue néo nazie.

Les scènes gore font alors leur entrée avec un plateau pour le moins bien fourni : personnes égorgées, éventrées, déchiquetées. Jeremy Saulnier donne ici libre court à ses pulsions de cinéaste. Ces scènes prennent alors un côté à la fois très violente et jouissive à la fois.

Le film malgré la présence de scènes gores ne vire jamais dans le vulgaire et c'est en ce point qu'il se distingue de ses congénères comme I spit on your grave ou encore La dernière Maison sur la gauche.

Le film contient de façon continu des scènes comiques permettant à la fois de profiter de ce film de massacre et de jubiler face à des réflexions uniques. Comme lorsque les jeunes tentent de s'enfuir et se disent qu'en faisant comme au paintball ils peuvent s'en sortir ou encore la révélation d'un punk qui avant de mourir indique que si il devait aller sur une île seul ce serait avec Madonna ou alors avec le groupe Simon et Garfunkel.

Jeremy Saulnier ne va ici pas révolutionner les codes du genre mais se les attribuer afin d'en faire ressortir la quintessence du genre. Green Room serait ainsi une sorte de réincarnation de Eden Lake de façon beaucoup plus intellectuelle et constructive. Cette rencontre du cinéma d'horreur face au cinéma indépendant nous offre une véritable petite bombe qui avec un doigt d'originalité en plus serait devenu un véritable bijou.

Cependant ne boudons pas notre plaisir face à un film qui risque de marquer toute une génération de cinéphiles !
Comme l'aura indiqué le réalisateur au cours de la séance : " There is no message ! This is an experience !"

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