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Blackhat (or BlackHole) directed by Michael Mann.

Après son dernier film Public Enemies sorti en 2009 et donc après 6 longues années d'absence, le cinéaste revient derrière la caméra avec Blackhat (Hacker). Malgré le fait que le film soit sorti de manière très "confidentiel" et qu'il n'est pas eu de bon écho auprès du public, Michael Mann répond vraisemblablement présent avec ce film. En effet, après avoir étudier avec parcimonie le monde de la criminalité avec les films tels que Le Solitaire (1981), Heat (1995), Collatéral (2004), ou encore le monde des lobbys avec Révélations (1999), ici, le metteur en scène, vient se documenter et décrypter le monde de la cybercriminalité. Et par conséquent, il vient s'atteler à notre époque interconnecté où notre dépendance à la technologie se fait de plus en plus omniprésent.

C'est pourquoi, l'histoire se résume à découvrir la sécurité mais surtout la vulnérabilité de nos systèmes informatiques face à des codeurs/hackers expérimentés et de nous montrer leurs modes de fonctionnement à la fois visible puisque leurs attaques n'est que le reflet de leur intelligence, mais aussi invisible car difficile d'analyser leurs véritable motivations. Tel est la mission du scénariste Morgan Davis Foehl de nous faire découvrir ceux-ci de manière totalement fictive et non préétablie. C'est pourquoi, au vu du scénario et pour un expert en informatique, l'histoire ne semble pas du tout crédible (un hacker "couteau suisse" qui arrive à tout résoudre) et peut être un point négatif du film. Mais il ne faut pas oublier qu'au cinéma l'important est de voir la crédibilité d'une histoire, d'un scénario au niveau contextuelle. C'est à dire que les événements qui s'y prêtent doivent rester crédible et cohérente que dans l'univers établie par le cinéaste. Cohérent est le mot d'ordre dans ce film.

Et cela, est clairement vu et assumé par le metteur en scène. Michael Mann veut mettre en lumière cette confrontation entre le monde numérique et le monde réel. De voir que la technologie est omniprésente et concrète dans la réalité, mais aussi très floue et incompréhensible si on s'engage à pénétrer dans l'univers des hackers.
C'est pourquoi, Michael Mann a eu l'audace de rendre captivant un sujet qui ne crée aucune connexité avec le spectateur ou du moins partiellement. Et le fait de ne pas pouvoir s'identifier à cet univers et aux personnages est tout à fait délibéré de sa part. On a l'impression que les protagonistes ne sont que des pantins ombrageux, constamment invisible aux yeux de tous. Ils ne sont à aucun moment en phase avec les individus et les choses habituelles qui les entoures. Ceux-ci sont montrés de manière exceptionnelle. Par ailleurs, pour Michael Mann, le sujet de l'être humain prend encore une place considérable dans ses films. Pour prendre exemple, dans Heat ou Le Solitaire, l'homme cherche sa redemption à sa situation en faisant un dernier braquage avant de se retirer. Tandis que dans Blackhat (Hacker), Nicholas Hathaway cherche une échappatoire afin de se reconnecter avec le monde réel et il le fait de manière progressive dans l'histoire. Ex :

On peut prendre l'exemple de la romance entre Nicholas Hathaway et Lien Chen qui n'est qu'une étape pour le personnage principal de se détacher du monde numérique et de revenir aux vrais valeurs sensorielle qu'on pourrait s'identifier.


Par ailleurs, l'empreinte du cinéaste est toujours bien là après 6 ans d'absence. Comme pour ses précédents films, la composition de ses plans filmiques est toujours aussi minutieuse et stylisé. J'ai bien envie de vous parler de ces scènes nocturnes, de ces petits moments de rien du tout qu'il arrive à capter avec précision. De ces scènes d'action, de ses fusillades filmés caméra à l'épaule où chaque tire est accompagné d'une intensité brutale, où chaque impact se ressent par un puissant son qui résonne auprès des protagonistes et auprès des spectateurs. Comme pour Heat ou Collatéral (pour ne citer qu'eux), la marque du réalisateur est indéniablement là.

En conclusion et malgré les mauvaises critiques autours du film, Michael Mann à selon moi, réalisé un très bon film dans la veine de ce qu'il fait le mieux. Loin de ses plus grands films bien entendu, ils nous invitent intimement avec Blackhat (Hacker) à entrer dans cet univers numérique où l'homme peut avoir accès à toutes les sources d'informations qu'il veut (dans ce monde mondialisé et interconnecté), mais pourtant plus isolé et individualisé que jamais.

ciniphile
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