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Happiness Therapy par AntoineRA

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Porté par la curiosité de ses nombreuses nominations aux Oscars 2013, ce Happiness Therapy ne me tentait pas outre mesure - c'est le genre qui veut ça - surtout de par son casting principal très bankable : le beau gosse des films d'action comiques (Very Bad Trip, L'Agence Tous Risques), Bradley Cooper, et la jolie Jennifer Lawrence qui s'est pas mal affichée chez X-Men et avec Hunger Games.

Force est de constater que le film se révèle des plus sympathiques, et ce dès son ouverture. Sans perdre une seconde à installer divers éléments et situations, l'on est tout de suite confronté à Pat, le personnage de Bradley Cooper, duquel on ne connaît rien si ce n'est qu'il a fait un séjour en hôpital psychiatrique pour sautes d'humeurs agressives, et qui est rendu aussitôt très attachant. Ce grand garçon aux yeux bleus pétillants et sourire charmeur, qui débite les paroles sans retenue, à moitié perdu dans son monde mental. À mesure que le film progresse, son passé nous est révélé, et ne profite qu'à rendre la façon qu'il a de le traiter, de vouloir s'en sortir, plus attrayante. Bradley Cooper compose son rôle à la perfection, et c'est surprenant de sa part au vu des autres œuvre de lui que l'on a en tête.

Mais si son personnage marche si bien, c'est également grâce à l'alchimie qui émane entre lui et tous les autres qui apparaissent à l'écran. Tout d'abord Jennifer Lawrence, qui débarque dans un premier temps comme une garce endurcie, (Tiffany) et finie par se révéler plus la relation "amimour" entretenue avec Pat s'épanche. Ces deux-là offrent souvent d'intenses scènes de dialogues qui gardent un ton comique tant chacun d'eux est borné et a un peu tendance à délirer pour un rien. De bons moments qui rendent leur complicité attachante. C'est d'ailleurs la grande force du film : son travail sur les dialogues. A contrario des comédies américaines usuelles qui se contentent de mêler blagues d'en-dessous la ceinture et gags usités, Happiness Therapy fait vraiment un effort pour aller chercher le comique ailleurs. Souvent de par des situations d'incompréhension de Pat, et de ses manies, certes, mais généralement ça reste très frais et le rire est de bon cœur.

Autour du duo gravite moult personnages également hauts en couleurs, à commencer par les parents de Pat, joués par une Jacki Weaver mère poule, toute douce, et un Robert De Niro obsédé par ses paris (et ses tocs) qui prend son fils un peu à la légère. Le senior regagne, avec ce rôle, pas mal d'estime tant ses productions de la dernière décennies étaient souvent très limités et basiques. Son personnage fait parti des plus charismatiques du film et on se plaît à lui voir donner la réplique à Cooper, là encore dans des discussions presque haletantes. Ajoutons Chris Tucker, patient de l’hôpital psychiatrique, qui apporte un peu d'extravagance dans un film qui en dilue déjà pas mal tout le long, et l'ensemble du casting brille vraiment par ses intéractions.

Néanmoins, le film en vient à pécher sur certains points, notamment sur son dernier tiers, ce qui s'avère plutôt dommage tant la mixture prenait jusque là avec simplicité et entrain. À partir de ce moment où il est question de pari/parlé, d'une part le personnage de Jennifer Lawrence apparaît hors du rôle qui lui a été construit depuis le début (déjà qu'il est difficile de se l'imaginer en femme divorcée), mais le long-métrage emprunte un cheminement extrêmement basique et prévisible, digne de tout bon happy end américain. Heureusement, pour atténuer quelque peu cela, le réalisateur David O. Russel continue d'offrir une mise en scène exemplaire. S'il n'y a rien de renversant dans son maniement de la caméra - on y trouve parfois des allures de téléfilm - il conserve, tout du long, un certain dynamisme à base de travellings en tous genres et généralement par à coup pour cet effet, justement, dynamique, qui est plutôt revigorant dans un film de ce genre, et apporte à la facilité que l'ensemble à de capter l'intérêt. Sans compter l'apport concordant de la bande-son d'un Danny Elfmann que l'on aurait du mal à reconnaitre dans ce registre léger et pétillant.

En somme, Happiness Therapy offre un très bon moment de divertissement, malgré une baisse de régime sur son dernier acte convenu. Les acteurs ont clairement pris plaisir à communier sur le plateau, et il est difficile de ne pas s'en rendre compte au visionnage. C'est frais, amusant, tout en ayant une ombre de développement des personnages un peu plus sombre, et David O. Russell tire clairement son épingle du jeu en mettant en avant les intéractions délicieuses entre ses acteurs. Pour autant, pour revenir aux Oscars 2013, tout aussi plaisant qu'a beau être le long-métrage, il est difficile de justifier de ses nominations tant aucune ne représente un caractère exceptionnel de l’œuvre - à la rigueur, Bradley Cooper est le plus méritant.

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