Sexcapade pour tous.

Avis sur Hasta la vista

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Frappé d'un gros coup de cœur (qui s'est fait par le fait du hasard), Claude Lelouch a distribué ce film en France, alors qu'il fut un gros carton en Belgique lors de sa sortie en 2011, peu avant le triomphe d'un certain... Intouchables.

Ce dernier film reviendra souvent dans cette critique, car il partage comme point commun de ne pas présenter les handicapés comme des sous-hommes ; non, ils sont comme tout le monde, amoindris physiquement, mais dont le moral marche souvent à 100 à l'heure. Ici, Hasta la Vista raconte comme trois jeunes handicapés (un aveugle, un paralytique et un autre cloué dans un fauteuil roulant, dont on apprendra qu'il est en plus frappé d'un cancer le condamnant à terme), empesés par leur virginité, décident de quitter la Flandre pour rejoindre l'Espagne et un bordel qui accepte les gens comme eux afin d'être dépucelés.
Pour cela, ils sont accompagnés d'une guide particulière, qui est obèse (la précision a son importance plus tard), au passé trouble, et avec qui va se nouer une grande amitié.

Le film répond de manière ironique à la phrase "c'est le sexe qui fait marcher le monde", car le film ne raconte que cette folle escapade que vont accomplir les trois jeunes hommes, contre l'avis de leurs parents qui jugent le périple irresponsable eu égard de leurs handicaps.
C'est aussi l'histoire d'un rêve pour eux, accessible à leur échelle, et qui va mettre du piment dans leurs vies déjà condamnées à l'avance.

Comme dans Intouchables, le film a le grand mérite de ne pas présenter les gens "différents" pour des crétins ; non, ils paraissent sympathiques (surtout l'aveugle, qui a beaucoup de compassion), la guide n'est jamais montrée comme la grosse (sauf une scène comique où elle est comparée à un Mammouth) de l'histoire et ils restent malgré tout positifs, sans se plaindre de leur sort.
C'est aussi et surtout un road movie qui traverse la Belgique, la France et l'Espagne, et l'humour du film, ainsi que la technique fait penser un peu à Aaltra (sans le côte charbonneux de l'image noir et blanc des Grolandais Delépine et Kervern).
L'humour du film renvoie beaucoup au fait que le film est en grande partie tourné en flamand (très peu de passages en français), et de la supposée incompréhension qu'il y a entre le trio et la guide, qui est française.

Mais ça reste quand même très émouvant, surtout vers la fin, qui nous renvoie malgré tout à la difficile réalité de ces jeunes hommes ; aussi heureux qu'ils soient, ils restent malgré tout handicapés, et le retour sur terre est brutal. D'où le titre du film, qui est aussi la dernière réplique.

Dans les bonus du dvd, Claude Lelouch n'est pas dupe de la possible corrélation qui peut se faire entre Intouchables et Hasta la Vista pour le public, en espérant un succès identique pour ce dernier. Même si le film a très bien marché à son (petit) niveau, on peut supposer également que Lelouch ne l'a pas distribué que parce qu'il a aimé le film.
Dans le fond, peu importe, il nous a montré ainsi l'étonnante vi(s)talité du cinéma belge, toujours apte à raconter les sujets les plus périlleux, et à en faire de jolies réussites !

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