HellBoy version épicée...

Avis sur Hellboy

Avatar RedDragon
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On ne peut pas reprocher à Mike Mignola et aux studios Dark Horse Comics respectivement créateur et éditeur du comic book, d'avoir trahi leur franchise. Non, au contraire ils en sont coproducteurs et ont décidé cette fois-ci de faire confiance à un spécialiste de l'horreur, Neil Marshall (The Descent, Doomsday, Centurion), pour une version non édulcorée de leur personnage. Un ton encore plus sombre et gore est donc de rigueur ici, car si Del Toro a fait du Del Toro avec ses 2 Hellboy, lorgnant sur son Labyrinthe de Pan et anticipant plus ou moins sa Forme de l'eau, ce Hellboy se veut au plus proche de l'œuvre originelle et sans compromis.

Nous avons donc droit à un reboot qui n'efface pas totalement les 2 précédents, est plutôt bien filmé avec une caméra immersive et parfois fish-eye, et surtout nous inonde de scènes gores toutes aussi sanglantes les unes que les autres. Le 'interdit au moins de 12ans' est trompeur, on a rarement vu aussi trash depuis les derniers Walking Dead. C'est à se demander s'ils n'ont pas ciblé ce public avide d'hémoglobine, inspirés par les récents succès de Logan et Deadpool classés R. Le film ne reprends pas moins que la trame de 3 volumes de la BD, Darkness Calls, The Wild Hunt, The Storm and the Fury, ainsi qu'un passage de Hellboy in Mexico en séquence d'ouverture. Le montage au pas de course est, pour le coup, beaucoup moins posé que celui de Del Toro, à la limite de la truelle, nous assommant d'une CGI plutôt réussie mais ostentatoire. Si bien que les très nombreuses créatures et scènes d'action s'enchaînent à la volée, mais nous laissent peu de temps pour les digérer. La présence gratifiante de Milla Jovovich finira de nous convaincre que ce Hellboy tire plutôt du côté d'un Resident Evil, tant par son aspect très graphique que son découpage épileptique.

A mon sens, l'interprétation de David Harbour (Stranger Things) est convainquante, il en est de même pour son maquillage, bien plus agressif et expressif. Il habite le personnage et incarne un Hellboy moins nuancé mais plus dynamique que celui de Ron Perlman, oui je sais, cela va faire grincer les dents. Il y a vraiment une bonne alchimie entre les personnages, certains ayant droit à une mini origin-story. Le sympathique Abe Sapiens est absent, mais son nouvel acolyte, Ben Daimio, a du mordant, et du fait de son incompatibilité de caractère avec notre héros, les situations sont encore plus explosives.

On pourra regretter le manque de poésie et de romance qui faisait la force des précédents ou être interloqué par une 'légende arthurienne revisitée', mais ces éléments sont fidèles au Comic. Cette prise de risque se fera au détriment du tout public, mais tapera dans l’œil d'une clientèle avertie. D'un goût parfois douteux, voire totalement WTF, le film ne cherche pas à nous émouvoir mais penche vers la provocation, à l'image du pouvoir d'un des personnages consistant à vomir l'esprit de personnes défuntes. Il y a pourtant de très bons passages dignes d'un cinéma de genre. Véritable parenthèse dans le fil narratif, l'apparition de Baba Yaga est croustillante et restera probablement dans les annales du cinéma fantastique. Un crossover John Wick / Hellboy en vue? Soyez prévenu, si vous n'aimez pas le goût relevé des tripes, ce Hellboy n'est pas pour vous.

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