Quand Hellboy la jouait sale

Avis sur Hellboy

Avatar Jay77
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Après deux longs métrages, la franchise Hellboy de Guillermo Del Toro prend fin. Mai 2017, Hellboy fera l'objet d'un reboot réalisé par Neil Marshall et sera classé R-Restricted après que Deadpool et Logan aient montré la voie. Mi-humain, mi-démon, Hellboy, spécialiste de la menace paranormale revient cette année. Accident industriel ou vrai bon reboot pour public adulte?

Neil Marshall et sa revisite sans saveurs d’Hellboy

Il n’y aura pas d’Hellboy 3. A la place, les fans devront se contenter de voir un reboot déguisé en préquelle. Oubliez tout ce que vous connaissiez du film de Guilermo Del Toro avec Ron Perlman dans le rôle titre. Nouveau réalisateur, nouvel interprète, du changement et encore du changement. Neil Marshall, réalisateur de The Descent, va devoir faire en sorte que sa nouvelle interprétation d'Hellboy soit suffisamment de qualité pour que les fans déçus de ne pas avoir eu d'Hellboy 3 ne le lynchent pas.

Ce Hellboy nouvelle génération n’a absolument rien à voir avec le Hellboy de Del Toro. Du trash bien vomitif à coup de choses visqueuses, de triffouillage oculaire, d’étripages, de membres arrachés/explosés, en d’autres mots : une inondation de morts répugnantes. Hellboy 2019 va nous plonger en plein dans le monde de l’autodérision. Oh les fans de politiquement incorrect, de violence gratuite et de grossièretés seront ravis. Les fans du Hellboy avec Ron Perlman eux…moins. Tout ce tapage pour ça ?!

Un casting mauvais entre une Mila Jovovich en méchante sorcière anecdotique, une Sasha Lane exaspérante essayant de se la jouer bad ass, un Ian McShane décevant, un Daniel Dae Kim au haut potentiel sous exploité, seul David Harbour s’en sort plus ou moins sauf que ça performance peine à égaler celle de Ron Perlman. Contrairement à Perlman, l’interprétation d’Hellboy d’Harbour n’en fera pas un personnage attachant. Partant de là, vous pouvez être sûr que même avec plein de bonnes intentions, cette revisite n’aura pas la saveur de la version 2004. Vous êtes encore loin du compte…

Hellboy m’a fait somnoler, bailler aux corneilles. J’ai eu quelques plaisirs coupables grâce à quelques séquences sympathiques, ris, deux/trois fois. Paye ta punchline pourrie une fois sur quatre. Pour un film annonçant une ambiance sombre et délirante, ça fait mal. Hellboy 2019 est, pardonnez moi l'expression: bordélique.

Mauvais choix de musiques accompagnant l'action ou moments posés, changement de lieux trop rapide, mélange de légendes et monstres, difficulté à choisir entre autodérision et sombre, du gore, du gore et re du gore à la Mortal Kombat dans un univers mélangeant heroic fantasy, paranormal et horreur pure, personnages sans aucune profondeur, une histoire sans aucun sens ne prenant pas le temps d’expliquer les choses à celles et ceux découvrant l’univers d’Hellboy, du beau CGI mais TROP de CGI, incohérences en puissance, ça sent le gros nanar à gros budget ne sachant pas comment le gérer. The Descent était excellent, Neil Marshall, le film à gros budget, pas son truc.

C’est un fait, Hellboy 2019 est très beau. Une photographie et des effets spéciaux de qualité, des scènes d’action excellentes (l’affrontement entre Hellboy et trois géants est juste dingue), et des plans symboliques ne suffiront pas à masquer les défauts accumulés par ce Hellboy. Nous on voulait un troisième opus. Les studios ont préférés ne pas respecter la volonté des fans, préférant sortir ce sous reboot de bas étage. Le pire dans l’histoire c’est que cette relecture n’a pas de personnalité. Neil Marshall pioche quelques séquences du Hellboy de Del Toro pour les remettre au gout du jour, il utilise une bande son « cool » pensant offrir des scènes d’action à la « Kingsman », livre quelques moments horrifiques bien dégueulasses à la Sam Raimi pour au final s’inspirer de ces œuvres de très mauvaise manière.

Hellboy aurait pu être excellent en vue de tout un tas de bonnes idées visuelles (mention à la vision prophétique ultra sombre et apocalyptique, ou le carnage dans les rues de Londres en fin de film juste jubilatoire au possible MAIS hélas trop court) et d’un bestiaire riche. Sauf qu’à la place, le réalisateur a préféré utiliser ses qualités pour masquer le vide de l’histoire, le vide de l’écriture de ses personnages, et le schéma classique de son film. Comme tant d’autres avant lui, ce Hellboy n’a a offrir que de la poudre aux yeux pour vous embobiner, vous faire croire que vous regardez un film génial. Dans le même genre, Transformers, lui, il faisait mieux.

Aaaah non attention ça risque de pas fonctionner nous deux. Parce que
moi je suis capricorne et toi t'es une putain de foldingue!

Au final, le Hellboy de Neil Marshall est à l'image de « Ghostrider : L'esprit de vengeance ». Il a voulut se la jouer vilain garçon, il n'a réussi qu’à se tirer une balle dans le pied. Même en rangeant votre cerveau avant d’entrer en salle, le résultat sera le même. La pire des adaptations de comics ? OOOhhh oui. Beau gâchis.

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