HELLBOY | Critique à la gueule d'ange

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Si la saga Hellboy n'a jamais été un énorme succès au box-office, nombreux étaient ceux qui, comme moi, souhaitaient voir Guillermo del Toro achever la trilogie qu'il avait en tête depuis des années. Sans cesse évoquée et retardée, la suite de Hellboy : les légions d'or maudites ne verra donc jamais le jour, le studio préférant s'orienter vers un reboot.

Dirigé par Neil Marshall, ce nouveau film se voulait plus sombre, plus proche de l'oeuvre de Mike Mignola (les détracteurs du travail del Toro lui reprochent d'avoir une patte trop prononcée) et moins coûteux. Une stratégie étrange, à moins que le studio ne comptait sur l'attrait de la classification R-Rated pour appâter la clientèle. Vu le (gros) bide à sa sortie, le pari semble perdu et la saga enterré pour un bon moment.

Je n'en attendais donc pas grand chose, et je dois dire que le résultat est à la hauteur (c'est-à-dire pas bien haut) des bandes-annonces. Si l'histoire principale, tournant autour du mythe arthurien, est loin d'être désagréable, le film reste truffé de défauts. Notamment une photographie assez moche, des giclées de sang et des monstres numériques du même acabit, des personnages secondaires inintéressants (à part celui du sous-fiffre humano-porc Gruagach, qui en plus bénéficie la plupart du temps d'effets pratiques et non de CGI moisis), un David Harbour (que j'apprécie pourtant) qui ne fait jamais oublier Ron Perlman et un Ian McShane qui ne fait jamais oublier John Hurt, une relation entre hellboy et son père ne suscitant guère d'émotion, une scène avec Raspoutine et des Nazis qui fait réellement triste figure en comparaison de ce qu'avait pu en faire del Toro dans le tout premier Hellboy, et au final le classement R-rated qui ne sert pas à grand chose (soit c'est moche comme dit précédemment, soit ce n'est pas drôle).

Je sauverai quand même la scène dans la "cabane" avec Baba-Yaga, mais, ironiquement, c'est celle qui renvoie le plus au travail de del Toro. La scène où Hellboy chevauche un dragon est également très stylée, mais elle apparaissait déjà dans la bande-annonce et ne dure guère plus !

Bref, si j'étais déjà un fervent défenseur des adaptations de del Toro, ce film n'a fait que me conforter dans mon opinion. Pourquoi avoir lancé un reboot aussi tôt ? Pourquoi Mignola a lâché del Toro pour valider ça ?

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