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L'intelligence artificielle est un sujet qui taraude beaucoup les scénaristes en ce moment. Les implications multiples dans la vie quotidienne sont passionnantes car la thématique se rattache à la science-fiction traditionnelle.

Les assistants personnels qui communiquent de manière sommaire avec nous sont désormais dotés de voix humaines et n'ont évidemment pas de conscience. Mais si dans l'avenir proche, ces secrétaires de poche étaient capables de raisonner, de s'émanciper, et finalement d'aimer... que se passerait-il dans la tête d'un pauvre type moustachu timide et inadapté ? C'est en gros le sujet de ce long métrage plein de bonne volonté de Spike Jonze.

Si ça commence comme un épisode de black Mirror, ça se termine malheureusement comme un vulgaire Sofia Coppola. Au jeu des références on peut aussi trouver dans l'esthétisme un peu de Quentin Dupieux, pour la mode improbable de cette société basée dans un futur proche (c'est à dire que le futur ressemble aux années 70 dans le quartier de La Défense).

Joaquin Phoenix avec la moustache de Jean-Pierre Marielle porte le film à bout de poils. Il incarne Theodore Twombly, un type qui écrit, avec un certain talent, des lettres pour des personnes pas forcément à l'aise avec l'étalage d'émotion. Célibataire et en instance de divorce, le sensible rédacteur vit mal cette période compliquée de sa vie.

Dans un moment de faiblesse il s'amourache d'une assistante OS, Samantha, une genre de Siri qui dépasse ses fonctions en faisant des blagues un peu émoustillantes avec la voix de Scarlett Johanson.

Si on suit sans déplaisir l'évolution de cette histoire platonique, on comprend cependant assez vite que cette romance va déboucher sur un cul de sac. Malgré un stratagème pour faire consommer physiquement l'union (idée partagée dans le dernier Blade runner), le cœur n'y est vraiment pas. Et au final on ne retire absolument rien de ce film. C'est juste une histoire d'amour comme une autre, ni plus pure, ni plus enrichissante.

Theodore éprouve une nouvelle déception amoureuse après avoir traversé des étapes familières : rôle de Pygmalion, période dorée, émancipation de l'être aimé, "adultère" (cocufié par un pentium, Seinfeld aurait halluciné), et séparation. Tout ça pour dire que l'amour c'est compliqué et que les nouvelles technologies n'y feront rien.

Ouais, merci du scoop Spike. Une romance cybernétique bien longue qui pouvait être synthétisée avec plus de panache en 2 minutes.

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