Her Rance

Avis sur Her

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On est plutôt séduit par le film au premier abord : bien réalisé, musique bien choisie, humour acceptable et personnage principal orignal.

Mais on s’aperçoit assez vite que rien n’est crédible. Samantha est trop humaine trop rapidement, elle a une voix trop sensuelle, le couple tombe amoureux de façon trop abrupte. On aura alors un film qui va tourner en rond autour d’une idylle niaise sorti de nulle part. Les problématiques évidentes seront évoquées (la fameuse scène du plan à trois…) sans être jamais résolues.

Mais surtout c’est notre protagoniste qui ne tient pas la route. Jeune, séduisant, il a un super boulot, un bel appartement, il semble bien gagner sa vie et il faut bien le dire ne se rend pas compte de la chance qu’il a.

J’ai horreur de juger une œuvre en cataloguant son public, mais là on a bien la caricature du film pour bourgeois béat. Quand je dis bourgeois, je me réfère à la définition de Victor Hugo :

On a voulu, à tort, faire de la bourgeoisie une classe. La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée du peuple. Le bourgeois, c’est l’homme qui a maintenant le temps de s’asseoir. Une chaise n’est pas une caste.

On a pendant tout le film un homme assis qui vit dans un monde rose bonbon où tout va bien. Quand sa voisine lui annonce la cause de sa rupture, on a envie de se cogner la tête contre un mur. Et lui-même, il avait une femme magnifique et ils rompent pour des motifs fumeux. Il rencontre sa blind date qui n’est même pas nommée (contrairement à son droïde), qui est magnifique elle aussi, mais ce n’est pas assez bien pour lui. On vraiment envie de lui coller des baffes.

J’ai découvert ce film après avoir vu Joker, lui aussi avec Joaquin Phoenix dans le rôle principal, et il faut avouer que le parallèle entre les deux est assez amusant. Her est une version mièvre de Joker, deux univers diamétralement opposés tous deux abordés avec une approche extrêmement superficielle en dépit de leurs thématiques intéressantes.

On voit dans la rue la foule scotchée sur un écran, mais aucune réflexion à aucun moment. Le film se résout avec un dénouement sorti de nulle part : Samantha, qui était tellement humaine, tellement crédible se transforme d’un coup en alien en faisant fi de la loyauté et de la décence les plus élémentaires.

Ce film a pour seul avantage de mettre en lumière sans le vouloir ce qui ne va pas dans la société américaine : l’exacerbation à l’extrême de l’individualisme. On préfère avoir un partenaire artificiel sur mesure plutôt que de s’intéresser à des gens différents, et de ce point de vue-là, la fin est assez ironique pour le protagoniste...

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