Mon amour virtuel

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Est-ce mon côté geek des bois ? mon coté technophile affamé ? mon côté consumériste et voire pourquoi pas un côté fétichiste ? toujours est-il que cette histoire d'amour entre l'homme et la machine m'a touché. Je suis un mâle, un viril, un qui sent la transpiration sous les bras, et pourtant je me suis laissé avoir.

Car ce film est touchant, l'histoire est touchante, et tous les acteurs de ce film sont touchants. J'oublierai volontairement de raconter l'histoire où chaque scène revet une importance particulière pour la seconde lecture et la compréhension de ce film, tient parlons-en d'ailleurs. Je m'attendais à un discours moralisateur sur la technologie, en quoi elle nous coupe de nos repères, elle nous coupe de la vie réelle et nous sépare de l'existence réelle pour nous plonger dans un monde mécanique ou les programmes ont remplacé la réflexion et le magnétisme à remplacer les sentiments, et c'est bien en substance ce que nous montre l'histoire de cet homme qui va aimer sa machine autant qu'il aurait aimé une femme (une métaphore des I-diots, les fanatiques d'Apple ? on peut se le demander) voire même plus, mais là où réside l'intelligence de ce film qui nous propose de s'écarter du discours technologique est de nous offrir l'OS comme un être intelligent, certes, mais aussi éclairé, et doué de sentiments portés par la voix quelque peu enivrante et délicieusement éraillée juste ce qu'il faut à la cigarette de la sympathique Samantha (alias Scarlett Johanson) douée d'une personnalité au moins aussi attachante que le sympathique Théodore.

Sans dévoiler l'histoire complète de ce film qui offre une vision paradoxale à la fois remplie d'espoir et de désillusion, se fondant sur la volonté de l'humain à vouloir trouver l'amour, auprès d'un être mécanique et électronique curieusement humain, montrant la technologie et le rapport un tantinet psychotique que les humains entretiennent avec la technologie tout en affichant la volatilité de ces sentiments et en s'interrogeant sur ce lien qui apparait à la fois vrai sans vraiment l'être, totalement passionné et d'une grande richesse mais en même temps si lointain et tellement limité dans le temps. Ce rapport est d'ailleurs présenté par tout un jeu de scènes montrant le protagoniste et ses rapports aux autres, et à la technologie.

le discours apparait aussi cynique puisqu'après tout, pourquoi Théodore n'inventerait pas tout cet amour, pourquoi n'inventerait-il pas tous ces sentiments, après tout il en a besoin, il les recherche et obtient la perfection, sa perfection, comme une commande initiale accouchant de la vie.

Au final, de ce qui semble être une romance original, on en tire en plus un intéressant questionnement sur notre société actuelle et son rapport à la technologie qui parfois nous coupe mais qui peut tout aussi bien recréer, approfondir, et même soigner ou détruire un être dans un élan d'espoir, nous reliant tout en nous séparant par cet être technologique séduisant, attachant, une machine qui apparait terriblement humaine.

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