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Hobo with a Shotgun par 0eil

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Je suis comme les nanas qui flippent devant les films d'horreur et cessent d'en dormir la semaine mais continuent d'en regarder : je n'aime pas le gore. Je me cache les yeux, me masse les muscles victimes à l'écran de sévices outranciés et pourtant, j'aime bien en regarder. J'imagine que ça fait partie du trip fondamental : des tripes partout, moi qui sursaute en partant d'un rire bien gras et j'ai passé un bon moment. Du coup, j'ai lancé ce "Hobo with a shotgun" un peu pour ça. J'ai été servi, faut bien avouer...

Sans revenir sur la génèse du film, bien mieux expliquée par d'autres, à l'origine, mon intérêt pour le film est venu essentiellement de la présence de Rutger Hauer, que je n'ai que trop peu vu mais qui m'avait carrément charmé dans Blade Runner. Comment ce film aurait-il pu se passer d'un Roy Batty comme Hauer ? Impossible à dire, en tout cas, l'acteur s'est attiré d'office un capital sympathie qui n'a pas pu être remis en question, faute de métrage vu dans lequel il apparaissait. Du coup, le voir en clochard vengeur armé d'un fusil à pompe, c'était un peu le délire à l'état brut. Pour du délire, c'est du délire...
Déjà, le métrage a le bon goût d'être court, afin de ne pas essouffler son principe - sur lequel il mise tout, quand même. Du coup, pas le temps d'être trop étourdi par des longueurs, le film en comporte très peu : quelques scènes presque "normales" entre notre bon hobo fan de tondeuses et la jeune prostituée, histoire d'avoir une bonne et saine relation de père de substitution à adolescente à problèmes, youpi ! Ces brèves pauses ne servent, finalement, qu'à se demander ce qu'il va encore arriver de pire à nos chers comparses. En face, les mauvais sont très mauvais, les mises à mort sont très sanglantes, filmés sous de l'éclairage coloré très saturé, au point de, parfois, supplier pour qu'on en revienne à ce bon vieux ciel couvert, parce que la lumière pâle qui rend les couleurs des matériaux qu'elle touche, c'est bien, aussi. D'autant que la saturation sert souvent à rendre le côté un peu creepy du grindhouse (ah, ce ciel mauve, tellement mauvais cul !). Pour le côté badass, ça va, le contrat est respecté, la galerie de personnages très crade et le finish du film très décalé (pauvre Molly Dunsworth !).
Du côté de la dénonciation, je l'ai trouvée plutôt légère, un petit discours moraliste dit avec une élocution hasardeuse, histoire de rappeler que tout le monde a le niveau brevet des écoles dans le film, ça va, on est pas non plus dans Germinal ! C'est pas plus mal, ça permet d'aller vite au but, avec du sang partout, des répliques hallucinantes (les échanges entre les deux frères, oh yeah !) et des situations wtfesques (l'intérieur de la maison du méchant, où il passe un savon à ses deux gamins, bordel !). Et The Plague, avec son fusil à pendaisons.

Ouais, un film vite vu, qui ne détrône pas les métrages de mon top dix mais a le mérite de remplir son contrat sans mentir sur la came, avec rigueur de moine-copiste, rendant une pellicule efficace et plutôt sincère dans son postulat, que demande le peuple ? Ah, nan, Molly Dunsworth ne paye pas un seul centimètre carré de nichon, désolé. Cela dit, j'ai passé une heure à me demander si c'était la gamine de "Sept à la Maison", ça aurait fait mauvais genre...

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