Un film étrange, dans la forme surtout

Avis sur #Horror

Avatar Rick Jacquet
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Horror est un film étrange ! Voilà c’est dit. Non je dois développer ? Vraiment ? …. Bon, par où commencer avec un film pareil ? Tara Subkoff, actrice que l’on a pu voir dans The Cell ou Freeway (oui ça remonte) passe à la mise en scène en écrivant #Horror. Un film qui veut nous parler de manière assez originale de harcèlement, notamment via les réseaux sociaux. Pourquoi pas après tout. La scène d’ouverture a de quoi surprendre, puisqu’elle nous présente une mère de famille, dont le mari la trompe dans sa voiture juste avant de… se faire égorger. #Horror serait donc un slasher ? Même pas ! Le métrage s’inspire très librement d’un triste fait divers où deux jeunes filles de 12 ans auraient voulu faire une offrande à une légende urbaine du net, le Slender Man. Mais ici, rien de tout ça, un propos terre à terre. Passé l’ouverture, on se retrouve plongé dans l’univers on ne peut plus coloré du métrage. Oui, durant le générique, coloré, allant vite, faisant mal aux yeux, on pense à Enter The Void de Gaspar Noé. Où à Candy Crush… Oui, le film parle des réseaux sociaux, de leurs travers, et on nous invite à suivre sur une journée 5 jeunes filles de 12 ans qui vont s’éclater, boire de la vodka, s’engueuler, se foutre verbalement sur la gueule, prendre des photos et les poster sur le net pour avoir des likes et…

Et en fait, pendant une heure, c’est tout, ou presque. Rien de bien neuf, les films traitant du mal-être des jeunes, ce n’est pas nouveau. Mais là où #Horror se démarque, c’est qu’il veut parler de ce mal être et de ce harcèlement via les réseaux sociaux, et adapte sa mise en image avec les dits réseaux sociaux. Plans colorés, plans très cut, affichage du nombre de likes ou des hashtags. Oui, on en prend plein la gueule, ça va vite visuellement, et ça nous laisse une sensation très étrange, car au delà de cet aspect, le film est presque sobre. La maison dans laquelle l’action se déroule est mise en valeur, il y a de grands espaces vides, la disposition des meubles, objets et décorations semble coordonnée pour donner un aspect géométrique et sobre. Ce que le film n’est donc pas avec ses nombreux effets de styles revenant toutes les deux secondes. Pareil pour l’extérieur, la maison étant uniquement entourée par une forêt, sous la neige. Pourtant, c’est bel et bien cette première heure qui marque les esprits. Elle se montre, dans son style, plutôt maîtrisé, et on notera un très grand travail au niveau de l’ambiance sonore, donnant rapidement une impression assez glauque à l’ensemble.

Et pendant cette heure, la tension monte, les jeunes filles se foutent sur la gueule, jusqu’au départ de leur d’entre elle, et l’irruption dans le scénario de son père. Et là débarque le point faible du film, sa dernière demi-heure, expérimentant toujours visuellement, mais ne convenant plus du tout avec son propos, plus visuel et rentre dedans, revenant à l’ambiance de la scène d’ouverture. Ça saigne donc tout de suite beaucoup plus, mais la mise en scène permet rarement de comprendre véritablement tout ce qu’il se passe à l’écran, tout semble confus. Alors quand au final, on comprend dans les dix dernières minutes le fin mot de l’histoire, on se dit que la mise en scène aurait mieux fait de se faire sobre plutôt que de copier bêtement ce qu’elle veut elle-même dénoncer. #Horror n’est pas inintéressant en soit, il a de bonnes idées dans sa première partie, il pose une ambiance plutôt pesante la plupart du temps, mais il fait monter la sauce avant de se casser la gueule en voulant en faire trop. Tara Subkoff a du se faire plaisir à écrire et filmer le métrage, et même au montage tant le film recèle d’idées, mais le métrage se montre beaucoup trop bancal sur la durée.

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