Un Kinder surprise fort en chocolat pour Piper

Avis sur How I Live Now (Maintenant c'est ma vie)

Avatar Fany_Doucet
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J'avais envie de voir ce film sans trop savoir pourquoi, avec une bande-annonce qui ne disait pas grand-chose du film. Le début m'a donc pas mal déconcertée. Surtout le tout début, ces voix qui sortent de nulle part et qui assènent des conseils plutôt malsains, voire cruels, bien que (sensés et) courants. On est, avant même les premières images, plongés dans la tête de Daisy. Avec une telle brutalité que j'ai d'abord cru être dans une bande-annonce de plus.

L'arrivée à l'aéroport ensuite, m'a de nouveau prise de court : toutes ces technologies... On est dans le futur en fait ? Ah. Bon, très bien.

Suivent la découverte de la famille et de leur magnifique coin de campagne. Rien à dire sur les paysages, sinon qu'ils donnent de nombreux très beaux plans, que cette campagne verte est belle et familière à la fois, et qu'elle me rappelle même ma campagne de Vendée (en beaucoup moins vallonné certes). Quant aux membres de la famille, on les découvre accueillants, toujours souriants et bienveillants malgré l'attitude de peste de Daisy. Cette simplicité des gens de la campagne, qui comprennent et ne jugent pas, est sans doute embellie, et ne correspond pas à une généralité, mais elle existe effectivement chez certaines personnes, et a su me toucher.

Le personnage d'Eddie en est l'incarnation la plus poussée, un peu trop peut-être. Il semble n'exister que pour les autres (au début du moins). Mais sa douceur est belle, et leur histoire d'amour aussi. Il aide Daisy à se débarrasser de ses peurs, de ses voix, à se libérer des règles qu'elle s'impose. Et le lien d'amour qui se crée entre les deux cousins n'est pas juste un délire what the fuck du réalisateur, mais l'apogée de sa libération : elle s'émancipe de ses règles, jusqu'à une des plus ancrées, des plus tabous : l'inceste.

Ca, c'était pour la première partie. Maintenant, la guerre survient et tout est bouleversé. On suit Daisy et Piper, on voit les misères de la guerre avec leurs yeux et, comme elles, on ne sait rien des causes de cette guerre. C'est un reproche qu'on pourrait faire au film : il nous montre une troisième guerre mondiale, nous montre comme c'est horrible, comme il faut à tout prix l'éviter, mais ne nous montre pas comment elle survient, donc comment l'éviter. C'est vrai, mais il n'aurait pas suffi de ce film pour expliquer ça, et le passé (et d'autres films) nous a suffisamment montré les erreurs à ne pas reproduire, et finalement c'est surtout apprendre à réfléchir à tous qu'il faudrait pour éviter les catastrophes en tout genre (enfin, ceci est une autre histoire) .

Non, ce film est là pour autre chose. Il nous met dans la tête de l'héroïne comme jamais, et c'est là son coup de maître. La scène du camp de garçons en est le meilleur exemple. La bande-son de ce moment-là est extrêmement anxiogène, et, alliée à l'image, nous fait ressentir exactement la même peur que Daisy ou Piper selon les plans. Deux peurs semblables mais différentes, et je ne sais pas ou s'opère exactement la magie, si tout est dans le son, dans les plans, ou dans le jeu des actrices... Mais comme j'ai eu peur moi aussi, de ce que j'allais découvrir ! Et comme j'ai eu peur moi aussi, de rester seule dans cet endroit, et que Daisy ne revienne jamais !

Saoirse n'est pas si attachante, pas d'une beauté classique, n'a pas un visage ouvert et aimable ; et dès le début on déteste Daisy, mais pourtant dès le début on est dans sa tête. Et oui, Daisy aussi se déteste au début...

Avec un casting jusque-là à peu près méconnu et très talentueux, Kévin Macdonald (malgré son nom, qu'il devrait vraiment essayer de remplacer par un nom d'artiste) signe un film vraiment beau et marquant.

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