Khôl en tas

Avis sur Hunger Games : L'Embrasement

Avatar SanFelice
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Je me demandais un peu comment ils allaient justifier ce deuxième épisode. Du coup, le début fut plutôt une agréable surprise (dans les limites du raisonnable quand même). L'aspect politique, les exécutions, l'utilisation des médias pour ruiner une réputation, le côté grisâtre du monde minier, tout cela était, certes rempli d'à-peu-près et de facilités diverses, mais au moins permettait d'espérer quelque chose de regardable (avec indulgence).
Cela occupe pas loin de la première heure, jusqu'à ce qu'ils nous refassent le coup du jeu meurtrier. On rebalance donc Katniss et Peeta dans l'arène, on retrouve Woody Harrelson accroché à ses bouteilles, on retrouve la salle de commande, le défilé des chars avec la robe qui s'embrase, et patati et patata.
Au bout d'une heure de film, il devient absolument évident qu'on plonge non pas dans un deuxième épisode mais dans la redite du premier. Du coup, l'espoir suscité par l'aspect politique s'envole irrémédiablement. La révolte contre un pouvoir illégitime, les injustices sociales, la volonté de diviser le peuple en catégories pour éviter qu'il ne s'unisse contre un gouvernement violent, tout ce qui aurait pu justifier ce deuxième opus disparaît : ce n'était qu'un écran de fumée.

L'essentiel du film est donc, à nouveau, ce survival dans la jungle et l'eau, avec bêbêtes, ennemis farouches et caméras partout. Et s'il y avait un minimum d'intérêt au premier, ça disparaît résolument dans la répétition. Bis repetita ne placent pas forcément.
Les événements sentent tous le déjà vu, ils s'enchaînent avec un manque de logique qui frôlent l'ahurissant, et on assiste à une série de faux suspens dont on se contrefout royalement. Attention, Peeta ne respire plus ! Vite, on passe cinq minutes à lui faire un massage cardiaque (avec la musique qui va bien) et, au grand soulagement de tout le monde, il revit ! Wahoo ! On a eu chaud !
Le tout est filmé avec un manque d'imagination qui renforce encore les bâillements des spectateurs. Et, pour renforcer notre ennui, déjà bien présent, on nous a planté en actrice principal cette Jennifer Lawrence qui est non seulement une pitoyable actrice, mais ne peut même pas compenser par ses qualités physiques. La Joufflue est si mal filmée et croule sous tant de maquillage qu'elle est devient franchement laide.
C'est d'ailleurs assez pitoyable de voir qu'on nous sert des acteurs aussi mauvais dans les rôles principaux, là où on place des comédiens formidables dans des rôles mineurs. Quand même, Donald Sutherland et Philip Seymour Hoffman, c'est du lourd. J'aime bien Jeffrey Wright également, et il y avait même ma chouchoutte Jena Malone. Et si cela apporte un petit intérêt au film, ça ne permet pas de le sauver.
Surtout qu'on assiste quand même à un final pathétique de ridicule. Dans la série "je ne sais pas comment finir mon film pour sauver mes personnages, alors je fais n'importe quoi", là, on a un champion. L'arbre, la foudre, le fil et la flèche, c'est juste grandiose.
En bref, un film formaté de plus. C'est d'autant plus dommage qu'on prétend combattre une dictature politique et médiatique et qu'on cède à une dictature formelle.

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