Mode d'emploi pour une luuuutte finaaale ratée

Avis sur Hunger Games : La Révolte, partie 1

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Lorgnant explicitement du côté de Battle Royale, les deux premiers épisodes ont démontré avec brio le manque de couilles d'un Hollywood qui n'hésite pas à se vautrer dans le n'importe quoi pour essayer d'attirer le public le plus large possible, même quand le propos est violent. Pensez-y, des jeux où des candidats doivent s'entretuer ne sont pas adaptés à des gosses et pourtant Hollywood l'a fait. Si le premier avait eu ce privilège d'intégrer 3 ou 4 min de scènes un peu borderline, le deuxième en supprimait toute essence. Si certains considéraient L'Embrasement comme supérieur en tout point, ce ne fut pas mon cas. J'ai même trouvé qu'il empirait la saga et ce n'est pas La Révolte : partie 1 (et merde il y en a une autre...) qui tendra à relever le niveau famélique d'une saga aseptisée.

Mais haut les coeurs pour Hollywood, il n'y a plus le concept du Battle Royale qui les faisait tant flipper au point de ne même plus intégrer quelques gouttes de sang. Là on part vers la luuuutte finaaale contre le pouvoir tyrannique du Capitole aux mains du président Snow. Du coup, ça va on peut souffler niveau "violence". Pendant un vague instant, on y croit. On retouche à ce mince filet de noirceur qui avait été définitivement annihilé dans le 2 sauf que les choses finiront par se gâter très sérieusement. Bon déjà le gemme au coeur y a rien à faire mais je n'arrive pas à saisir l'importance de ce symbole. Alors soit j'ai comaté un peu trop durant la séance, soit il y a manque cruel d'explication mais que soit. Il y a aussi un autre truc qui m'a fait sourire, c'est cette aura à peine exagéré de Katniss.

Bon déjà, il n'y a rien à faire mais je bug toujours sur le fait que les opprimés se décident soudainement à se rebeller après 75 ans. Il aura fallu que Katniss arrive. D'ailleurs, elle est vraiment très forte. Elle parvient à rallier tout le monde sans souci. Les gens lui font aveuglément confiance, lui disent que c'est un honneur de la rencontrer. Tout repose sur ses épaules. Il suffit de deux vidéos de propagande pour que les gens de certains districts passent à l'action. L'origine de cette idolâtrie repose si j'ai bien compris sur le sacrifice de soi qu'elle a voulu faire dans le premier avant que l'on ne stoppe le jeu. Je veux bien mais je n'arrive pas à penser qu'il y a un truc qui cloche. Voilà à quoi ça mène quand on laisse son cerveau en éveil devant un blockbuster.

On retrouve la tare du 2 de s'autocentrer sur Katniss car il n'y a qu'elle qui compte. Jamais les autres personnages ne nous auront semblé aussi absents, autant dans leur importance à l'avancée de l'histoire que dans leur rôle où ils semblent ne pas y croire plus que ça. Peeta est toujours aussi inutile, de même que son charmant homme du district 12. En fait, on ne sait pas trop qui elle aime vraiment et je pense que même elle ne le sait pas. Hors quand cette bouillie informe prend une place illogiquement importante, ça en devient vite saoulant. Mais le véritable problème est bien le rythme plus soporifique que jamais. En scindant La Révolte en deux parties, on se retrouve avec un premier épisode d'une platitude assez incroyable, destiné essentiellement aux préparatifs de la luuuutte finaaale. Il ne se passe pas grand chose. Beaucoup de facondes, peu d'actes concrets et fatalement d'action. D'ailleurs arrivé au générique de fin, on se rend compte que l'on a oublié plus de 50% de ce que l'on a vu, preuve de la puissance de cette suite qui démarrait un peu mieux pour finalement glorifier l'apathie. On espère que l'ultime chapitre saura clôturer à minima l'histoire de Panem mais avec Francis Lawrence à la caméra, y a-t-il seulement un espoir ?

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