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Hurlements par Qimingan

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Une journaliste télévisée arrive à rentrer un contact avec celui qui semble être l'auteur de crimes récents. Elle devient amnésique et rejoint un groupe appelé "la colonie" conseillé par son médecin pour retrouver sa mémoire et guérir.

Joe Dante reprend ce film de genre pour y amener un point de vue intéressant, reflet de la nature sauvage de l'homme dans notre société.

On sait tous ce qu'est un loup-garou, un homme qui à la pleine lune se transforme en un loup monstrueux et incontrôlable. Le loup-garou est l'image de la nature sauvage et animale de l'homme, brutale, monstrueuse, incontrôlable, mortelle.
La journaliste Karen White est choquée par cette violence lors de sa première rencontre avec Eddie Qwist qui s'avère être un loup-garou.
Cette violence animale est plus tard magnifiée lors d'une lente transformation faisant apparaître chaque détails, les os et la chair s'agrandissent, le visage s'amplifie peu à peu, le museau et les dents surgissent.
L'animalité apparaît ici chaude (le feu, image de l'animal qui sommeil en chacun de nous), sensuelle et torride (personnage de Marsha), incontrôlable (besoin frénétique de chasser).

Une fois dans la colonie avec son mari, ses angoisses reviennent. Bientôt rejoint de son amie journaliste, elles se rendront compte que toute la colonie est habitée par des loups-garous.
Le médecin a créé cette colonie pour les aider à contrôler leurs pulsions, ils peuvent se transformer lorsqu'ils le veulent, de jour comme de nuit, et chassent des animaux.
Le personnage du médecin montre qu'il y a un dérèglement avec notre nature animale. Cette nature synonyme de racines avec nos origines, n'a plus sa place dans notre société et a été oubliée. Bridée et mise sous silence, elle peut éclater au grand jour dans un accès de folie et d'horreur, comme la nature même du loup-garou.

La perte de notre nature animale a pour conséquence la perte de notre ressenti, de notre sensibilité. Dans le film, le loup-garou pourtant sauvage et violent, montre une sensibilité représentée par des talents de dessin. Le médecin fera lui-même ce lien, comme si la perte de nos nature animale originelle s'accorde avec une perte de sensibilité et de ressentis. Dans une société où tout est fait pour que nous ne pensions plus par nous-même (médias, divertissements), la population apparaît passive comme blasée et absorbée par la télévision, ne faisant même plus la distinction entre fait réel et effet spécial (scène du bar à la fin du film).
Ceci dénonce peut-être la dévalorisation de l'art dans notre société (qui n'a pas dessiné étant enfant ? Et qui dessine toujours étant adulte ?), cet art qui peut être un exutoire nécessaire pour exprimer nos émotions et notre sensibilité, pour comprendre notre environnement et nos ressentis.
On ressent aussi cette perte de notre animalité lorsque Karen White est effrayée par les bruits de la nature et que son mari lui répond que c'est une citadine et qu'elle n'a pas l'habitude de la campagne. L'homme a oublié ses origines, son environnement.

Une fois échappée de la colonie, Karen qui a été griffée par un loup garou décide de montrer sa vraie nature afin de faire prendre conscience du danger à la population. Celle-ci ne réagit pas, passive, et semble dénuée d'intelligence, incapable de réagir.
Alors qu'on la pensait morte, le personnage de Marsha, elle aussi loup-garou, apparaît au bar, montrant qu'on ne peut pas étouffer notre nature sauvage et animale, toujours présente comme un feu ardent. Alors pourquoi ne pas canaliser ce feu par l'art ?

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