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Avis sur Hybrid

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Difficile, difficile, difficile de s'intégrer à un site de renom tel que SensCritique (si si), repaire de cinéphages en rut, de testeurs d'absurdités filmiques, de groupies jurant allégeance suprême à Michael Bay et sa robot-sexualité, quand d'emblée aucune soit-disant once d'originalité ne permet d'attirer la population. Un pseudo pareil, ça n'a rien de honteux, ou d'amusant, de pittoresque, d'original, de classe. Par contre, le film en question, si. Comme quoi, le hasard fait bien les choses...(quand il s'en prend la peine)

Hybrid, en soit, c'est un titre tellement vendeur (en ces temps militants d'écologie prônée à tort et à travers) que toute surenchère était permise d'avance pour ameuter les foules: ainsi, Hybrid le bien-nommé devient Super-Hybrid. Une bien belle technique: transformez donc un Piranhas en MégaPiranhas, et, mazette, quel résultat enthousiasmant !

Au départ, Eric Valette choisit donc de tester ses capacités de cinéaste, s'exilant comme pour mieux tenter l'aventure américaine, avec ce que cela implique de tocs et de binz, de désagréments et autres intempéries artistiques: il passe ainsi de la roublarde série B économique à la Evil Dead (Maléfique) à la série Z pure et dure. Une certaine philosophie en soit.

Super Hybrid, sur le papier, c'est un Christine-like savamment troussé, empli de poses iconiques et de scènes atmosphériques. Mais progressivement, cet hommage se transforme tel Dr Jekyll en Mr Hyde, le marathon du plaisir régressif commence, les Fx foireux dignes d'un téléfilm sur Scifi un matin de gueule de bois pleuvent, et le spectateur s'extasie devant des séquences non-sensiques, aptes à réveilleur sa propre morale. Voir un film de voiture tueuse, soit, mais suis-je vraiment prêt, malgré mon ouverture spirituelle insensée, à suivre un film de voiture-tueuse-accouchant-d'un monstre-tueur-sorti des égouts du grand-guignol ?

Une fois la concertation terminée, s'impose le constat: oui, Monsieur Valette est généreux, même dans le pire de ses films, il prend soin du spectateur, et s'empare du slasher-movie avec sa conscience malicieuse de petit frenchie revanchard. Une pouffe-blondasse sortie du dernier Scream foire son examen de "lancer de cocktail molotov" et finit en brochette grillée du dimanche après-midi, un djeunz bien coiffé se fait charcuter le bas ventre par une caisse furax, tandis qu'une pauvre victime un peu con-con se fait claquer la jambe par une portière sournoise. Oui, Hybrid, c'est du fun pervers, un peu comme quand le talentueux (et bien coiffé lui aussi) Alex Aja transforme un gentil démocrate binoclard en républicain adepte du coup de hache en pleine poire...

Mais au delà de cet aspect, il y a l'évidence: Super Hybrid est un film personnel, le film d'un mec intègre: c'est une bande horrifique qui laisse deviner un vrai western. Valette adore le western, une Affaire d'État étant assez explicite quand à cet amour du genre, et ici, il ne peut s'empêcher de glisser deux trois indices.

Le bad guy mythologique et increvable prend la forme d'une voiture maléfique, le gentil de l'histoire, l'adversaire qui a de la gueule, est une femme en marcel chevauchant une Harley Davidson (ça ferait presque penser à quelqu'un...) , et un lancer de tentacule renvoie au fameux lancer de lasso du cinéma d'antan. Oui, Super Hybrid est bel et bien un film d'Eric Valette !

Bref, le teenage devient du pathé écrasé, le slasher un film de cow-boys, et, pour les nocturnes tout excités, l'action se déroule la nuit, dans un garage poisseux qui sent pas très bon.

Avec tout ton senscritique (copyright), tu peux qu'aimer, ami internaute.

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