Une réflexion sur le temps qui détourne la comédie romantique de son but initial: détendre et faire

Avis sur Il était temps

Avatar Locke
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Il est à noter que le titre anglais du film About time rend déjà beaucoup plus justice à l'esprit du film que le titre traduit: il était temps. Dans cet intitulé, j'ai ressenti une forme de soulagement, de dépit mal placé et le film n'a rien à voir avec cela. La parenthèse est close. Avec cette nouvelle réalisation, Richard Curtis a voulu innover en ajoutant un ingrédient: le pouvoir de remonter le temps.A première vue, cette trouvaille scénaristique est plutôt incompatible avec le traitement d'une comédie romantique. Parfaitement conscient de ce contre-courant voulu, Curtis annonce pourtant la couleur d'entrée.
La limite de ce procédé touche alors la tonalité du film et je me suis demandé: même si Tim,le personnage principal, utilise le voyage dans le temps pour essayer principalement de conclure avec des nanas, sa démarche est tordue puisqu'il fausse les cartes, s'empêche d'échouer, de se tromper en ne laissant pas de place au hasard de la séduction, de la rencontre à proprement parlé. La suite du film m'a alors prouvé que le réalisateur recherchait cet effet, ce questionnement du spectateur pour arriver le mener sur l'intérêt du film soit l'utilisation du temps ( au propre comme au figuré) dans une vie humaine. Alors, si le film vous lasse, il faut vous forcer à continuer à le regarder. Ca en vaut vraiment la peine.
Pendant les deux heures et quelques du film, Richard Curtis ne s'intéresse pas seulement qu'à Tim mais aussi à tous les membres de sa famille et ses proches. C'est le côté film choral que le réalisateur avait poussé à son paroxysme dans Love Actually ( qui devenait limite sirupeux par moments). Ici, cela fonctionne plutôt bien car le spectateur n' a pas à attendre les situations ou les évènements où les personnages rentrent en collision.Dés lors, l'action est moins prévisible sans être plus complexe.Bon point.
Le grand changement ,à mon sens, réside dans le fait que ce film a des enjeux moins légers et est donc plus tourné vers l'émotion à l'état pur. C'est un choix radical car cette mécanique favorise moins de situations drôles ou cocasses qui font toujours du bien (Je me souviens avec délice de Quatre mariages et un enterrement et des rires provoqués par des dialogues en phase avec l'action ). C'est dommage.
Au niveau de l'interprétation, c'est avec joie qu'on découvre une Rachel Mac Adams moins en beauté mais en femme trés émouvante. Bill Nighy, acteur fétiche de Curtis, a de loin le beau rôle,avec ses considérations de père aimant sur la vie et la famille. Pourtant, le personnage "bigger than life" et barré de "Kit Kat", soeur de Tim, est de loin le plus attachant.
La rencontre de Tim et Mary est un bon moment du film mais je ne saurai vous conseiller de voir Il était temps pour le cheminement de Tim par rapport à sa vie entre sa condition de jeune homme et son devenir de père de famille. Je dirais que la vérité de cette pellicule se trouve ici.

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