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Avis sur Il était temps

Avatar Hyunkel
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Empereur de la comédie romantique à l'anglaise, Richard Curtis fait prospérer les vendeurs de mouchoirs depuis déjà vingt ans. Qu'il soit derrière la plume, comme pour 4 mariages et un enterrement et Coup de foudre à Notting Hill, ou la caméra, avec Love Actually et Good morning England, il a donné au cinéma issu de la perfide Albion ses lettres de noblesse. La déception est donc d'autant plus grande devant son troisième film en tant que réalisateur.

D'autant que, si le concept de voyage dans le temps n'a pas été vraiment exploité par le genre, le pitch fait néanmoins penser à un monument: Un Jour sans fin, avec l'inimitable Bill Murray. Sauf qu'ici, les allers-retours temporels n'ont d'autres fonctions que celle de gadget. Pas franchement utile, sauf pour rattraper deux ou trois boulettes, pas vraiment bien foutu, et surtout très mal expliqué. La simplicité est l'essence même de ce genre d'artifice, sous peine de se retrouver avec un Looper (Looper, loupé? ça suit derrière?). Si le concept de base est tout à fait basique, les ramifications peinent à convaincre. D'autant que le principe même de voyage dans le temps, pourtant au centre du film, est rapidement laissé de côté.

À la place, on se retrouve face à la vie de Tim, jeune homme charmant puisque roux (et vice-versa), et sa romance avec Mary. Et? C'est tout. Pas ou peu de rebondissements, des histoires secondaires, au mieux bâclées (la relation avec la soeur) au pire complétement abandonnées en cours de route (Charlotte). Les personnages secondaires restent dans le décor, hormis peut-être le père, qui apparait et disparait du récit au gré des convéniences. C'est pourtant grâce à une galerie de héros haut en couleur que Curtis s'était fait un chemin dans le coeur des spectateurs. Ici, fini les films chorales, place au seul personnage de Tim. Domhnall Gleeson a beau être excellent, c'est bien trop peu pour captiver pendant deux heures.

Pire encore, semble ne pas savoir quand ou comment finir, et la dernière demie-heure traine franchement en longueur. Les moments d'émotions, eux se font attendre. Et on en vient à souhaiter la fin du calvaire. Avec, en sus, la belle morale que personne n'attendait: "pour vivre heureux, sachons profiter de chaque jour". Le MacGuffin du film se révèle donc être ce qu'il est depuis le début du film: un simple prétexte narratif, mal exploité, et qui en devient encombrant. Au final, on ressort de la salle avec l'impression d'avoir perdu son temps. Un comble, pour un film de Richard Curtis. Mieux vaut se rabattre sur Love Actually...

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