Jill's America

Avis sur Il était une fois dans l'Ouest

Avatar Kowalski
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Je ne ferai pas ici une critique "technique" du film. Vu le nombre de critiques, d'autres l'on fait avec beaucoup plus de talent que moi....On sait que Leone a un sens de l'esthétique hors du commun et n'a pas son pareil pour cadrer les visages. Rien que la scène de l'arrivée à la gare de Jill est splendide :
On la suit descendant du train son magnifique sourire aux lèvres, le regard plein d'espoir et de joie. Elle ère le long du quai, personne ne l'attend, l'inquiétude commence à marquer son visage. Elle entre dans la gare (on est dans le monde "civilisé"), plan fixe, puis la caméra dans un mouvement passe au-dessus du bâtiment pour la retrouver à la sortie et on découvre alors la petite ville et surtout, en arrière plan, l'immensité de l'ouest (et on entre alors dans le monde "sauvage"). Magistral......

Non je vais juste tenter d'expliquer pourquoi, si je ne devais garder qu'un seul film, ce serait celui là.

Tout d'abord, pour les acteurs en général, et pour Claudia Cardinale en particulier. Jamais elle n'a été aussi belle que dans ce film, et je suis pas loin de penser que c'est le plus beau rôle de femme de l'histoire du cinéma (je suis peut être pas super objectif car elle a incarné un de mes fantasmes d'adolescent cinéphile....). Les autres ne sont pas en reste. Qu'il s'agisse de Bronson, mutique et mystique à souhait (qui est-il? d'où viens-t-il? et même existe-t-il?! - je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec le Clint Eastwood de Pale Rider) ou de Jason Robards en truand au grand coeur (style Tuco dans "Le bon, la brute et le truand" en moins parodique). Ils sont parfaits. Mais la génialissime trouvaille c'est de faire incarner le gros salop du film par Henry "blue eyes" Fonda. Et ça, fallait oser ce rôle à contre emploi qui à renforcé l'intensité et l'horreur de la scène du massacre, Fonda étant un habitué des rôles de good guy (la légende voudrait que pour sa première rencontre avec Leone, Fonda s'est pointé avec une moustache et des lentilles assombrissant son regard histoire d'avoir une tête de méchant ce qui mis Leone dans une colère folle.....).

Ensuite, pour la musique de maître Morricone qui nous fait passer par une multitude de sentiment: la beauté et l'espoir pour Jill ("Cera una volta il west", "L'America di Jill"), la peur et la tension ("Come una sentenza", "L'attentato"), le mystère de l'Harmonica ( "L'Uomo dell'armonica", thème qui apparaît progressivement, se rapprochant, les choeurs apparaissent, il est là, puis la musique disparaît tranquillement pour finir dans un murmure se demandant si l'on n'a pas rêver comme avec le personnage), le cabotinage maîtrisé de Cheyenne ("Addio a Cheyenne). Bref, une B.O que j'écoute régulièrement et qui me file toujours autant de frissons!

Pour l'histoire et l'Histoire aussi. J'ai remarqué que j'aimais beaucoup les films qui marquent le début de la fin de l'Ouest Sauvage symbolisé par l'arrivée du cheval de fer. C'est la fin d'une époque sans lois et le début du monde dit "civilisé". Frank, Cheyenne, l'Harmonica comprennent que c'est la fin de leur monde sans pour autant trouver leur place dans ce nouveau monde (comme le personnage de Gay Langland interprété par Clark Gabble dans "Misfits"). Tragique et somptueux à la fois. D'ailleurs je ne peux que conseiller le visionnage de "Mon nom est Personne" qui derrière son apparence de Western parodique est bien plus profond que cela.

Enfin, pour des dialogues très percutant et bien écrit. Je ne vais pas refaire tout le film, mais voilà deux exemples:

Harmonica : J'ai vu trois de ces cache-poussières tout à l'heure. Ils attendaient un train.
Cheyenne : ???
Harmonica : Y avait trois hommes à l'intérieur des cache-poussières.
Cheyenne : Alors ?
Harmonica : À l'intérieur des hommes y'avait trois balles.

Harmonica : La prime pour la capture de cet homme est de 5000 dollars.
Cheyenne : Un certain Judas a trouvé que 30 dollars, c'était tout à fait suffisant.
Harmonica : Y avait pas de dollars à cette époque-là.
Cheyenne : Mais des fils de putes, ça y en avait.

Seule petite déception sur ce film. Anecdote bien connue de tous: Leone voulait pour sa mythique scène de début que les trois tueurs soient interprétés par les trois héros de sa trilogie du dollars (Wallach, Van Cleef et Eastwood) bouclant ainsi la boucle. Ca aurait eu une putain de gueule mais Clint a refusé! Salop de Clint, mais vas, je t'ai pardonné.....

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