Il était une fois un dernier chef d'oeuvre : l'oeuvre testament d'un génie du cinéma !

Avis sur Il était une fois en Amérique

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Critique restaurée le 9 septembre 2017

Waouw, waouw, waoux... "C'EST GEANT" ! Je ressors du troisième visionnage de cette oeuvre et c'est toujours la première chose qui me traverse l'esprit dès que survient le générique de fin, mais c'est aussi une impression, celle d'avoir vu passer toute une vie (ou bien des vies!) en 225 minutes...
Sergio Leone, réalisateur italien, a déjà consacré la plupart de ses autres films à l'histoire américaine, filmographie hélas bien courte: la conquête de l'Ouest américain dans "Il était une fois dans l'Ouest", la guerre de Sécéssion dans "Le bon, la brute et le truand" (à savoir que ces deux films sont également deux films sur l'opposition de deux ou plusieurs personnages), la Révolution mexicaine dans "Il était une fois la Révolution" (que je n'ai toujours pas regardé à l'heure actuelle, honte à moi ! :( ), tandis que "Il était une fois en Amérique"... traite tellement de sujets. C'est un film qui parle de l'enfance, de l'amitié masculine, de l'opposition, le gangstérisme, et tout cela pendant la Prohibition, période noire dans laquelle la mafia s'est développée...

L'histoire prend place dans trois différentes époques de la vie de David Aaronson, alias Noodles, de son enfance jsuqu'à l'âge adulte: entouré de ses amis Patsy, Cockeye, Dominic, Fat Moe et du mystérieux Maximilien, Noodles travaille pour Bugsy, trafiquant dans le quartir juif de New York dans lequel ils vivent. A côté, il est amoureux de Deborah, la soeur d'un de ses amis.

Suite à un conflit opposant la bande de Noodles à celle de Bugsy, Dominic, le garçon le plus jeune de la bande, est tué par Bugsy, et Noodles par vengeance le tue à son tour avec un gendarme, ce qui lui vaudra la prison pour dix ans.

Sorti de prison, il retrouve Max et le reste de sa bande et s'unissent pour commettre différentes affaires pour Joe et Frank Minoldi, parrain de la Mafia. Enfin, parallèlement, le film montre la vieillesse de Noodles, ses troublantes retrouvailles avec Max après près de 35 ans de silence, et ses adieux et ses retrouvailles avec Deborah, la femme de sa vie...
Mais Max pourra-t-il renouer l'amitié entretenue avec Max, son ami de toujours? Quel secret celui-ci lui cache-t-il?

Tout d'abord, "Il était une fois en Amérique" est un film très symbolique. "Il aura fallu 15 ans au metteur en scène du légendaire 'Il était une fois dans l'ouest' pour réaliser ce film" disent-ils... Si vous vous rappelez bien, de mon impression au début de ma critique, c'est-à-dire celle d'avoir suivi une vie entière pendant 3h45 ; il s'agit de l'oeuvre testament de Sergio Leone, celle à laquelle il a consacré une grosse majorité de son existence, qu'il a travaillé et retravaillé jusqu'à trouver le résultat final, celui de la Perfection, avant qu'il ne trouve la mort tandis que parallèlement, il préparait un projet sur le siège de Léningrad, une autre grande partie de l'histoire américaine.
L'intrigue de ce monument s'étend de l'adolescence du personnage magistralement interprété par Robert DeNiro et de ses amis, témoins attentifs et railleurs de tout ce qui se passe autour d'eux, jusqu'à la majorité, à partir de laquelle

commencent à disparaître tous ceux qui faisaient sa vie, à commencer par son amour de jeunesse, Deborah, interprétée par Elizabeth McGovern, qui s'en ira à Hollywood pour devenir comédienne et qui ne la reverra que 35 ans plus tard, ainsi qu'à la trahison de son ami de toujours: Max, interprété par James Woods ayant changé d'identité après s'être fait passé pour mort ;

l'intrigue est une succession d'événements fatals lancée dès la première demi-heure, et même avant que celle-ci s'achève on sait déjà que la suite va être du lourd et en effet, dès

le retour en arrière sur Noodles espionnant Deborah en train de danser,

celui-ci ne fera que le confirmer. Même si les 30 premières minutes du film sont un peu lentes on ne peut s'empêcher de lâcher l'écran, puisque visuellement, gros point fort, on atteint la perfection que ce soit dans la beauté des décors, les tenues des personnages, les différents environnements (la cultissime photographie du groupe de jeunes gens devant le pont de Manhattan) ou encore

la scène de la mort de Dominic au ralentit, survenant juste après le plan du pont. Brrr j'en ai eu des frissons ! ^^

Mais aussi, le film en lui-même est le symbolisme des différentes étapes de l'existence et de la déchéance morale à laquelle le héros est confronté.

Ensuite, la distribution d'acteurs est d'une indéniable qualité: Robert DeNiro en grande forme, aussi adulte que plus âgé, un James Woods d'abord confiant puis peu à peu inquiétant, Elizabeth McGovern, Joe Pesci,... Leone réalise une véritable prouesse et met toujours très bien leurs visages en valeur et prouve que le langage non verbal, c'est à dire le regard peut apporter encore davantage d'émotion.
Sinon, les enfants sont tout aussi convaincants ! Ils sont conformes à leurs alter-égos, aussi bien physiquement que mentalement. Il s'agit également du premier rôle de Jennifer Connelly, interprète de Deborah enfant, avant d'être popularisé par la suite par "Labyrinthe", "Requiem for a dream" ainsi qu'"Un homme d'exception".

Enfin, le film contient bon nombre de répliques marquantes, et parfois mêmes des passages drôles

(celui de la femme se faisant passer pour morte dans le corbillard, dans lequel Max ramène son ami sorti de prison).

Mais ce qui marque avant tout dans le film, c'est la claque auditive que nous offre le grand Ennio Morricone, un atout majeur du film ; car non seulement elle est sublime (la plus belle perle de son compositeur, même bien au dessus de celles du "Bon, la brute et le truand" et "Il était une fois dans l'Ouest à mon goût), mais en plus on a beau entendre les quelques mêmes thèmes tout le long du film, on n'est lassé d'elles à aucun moment ! Car en plus de privilégier l'émotion visuelle, on y privilégie surtout l'expression des sentiments à travers la musique ! DeNiro, onze ans après le second volet du "Parrain" et huit après son rôle de charismatique chauffeur de taxi dans "Taxi Driver", réussit à nous livrer un personnage intéressant, attachant et émouvant, rien qu'avec la puissance de la musique et du visuel.
Voilà j'en avais tellement à dire sur ce film qui est assurément l'un de mes préférés. Merci à tous ceux qui ont eu le courage de parvenir à bout de ce pavé, pour conclure, "Il était une fois en Amérique", dernier chef d'oeuvre de Sergio Leone est un film d'une puissance incroyable. 15 ans de préparation afin de nous prouver son immense talent et l'étendue de son génie à travers cette oeuvre poétique et intense ! Un grand moment de cinéma, allez-y les yeux fermés.

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