Evil dress

Avis sur In Fabric

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Nous connaissions déjà le pneu psychopathe de Quentin Dupieux (Rubber), ou la voiture mal lunée de Carpenter (Christine), voici ici la robe tueuse de Peter Strickland. Avec In Fabric, une comédie déjantée ayant pour cadre le monde du prêt-à-porter, le réalisateur britannique signe un film singulier. Tamasa le ressort en format DVD, deux ans après sa sortie en salle.

Une histoire cousue de fil rouge

Sheila (Marianne Jean-Baptiste), la cinquantaine, célibataire, entend bien trouver la tenue adéquate pour le rendez-vous galant prévu le soir même. À Dentley & Soper's, le grand magasin de prêt-à-porter, la vendeuse lui fait les louanges d'une splendide robe écarlate. Mais le vêtement s'avère avoir une personnalité propre et même d'un fichu caractère puisqu'il en fait méchamment baver à qui la possède. Ainsi, poursuivie par le mauvais sort, Sheila va vite regretter son achat.
On ne croit pas une seconde à cette histoire de robe maléfique mais finalement peu importe car le film s'inscrit davantage dans la démarche d'une parodie zieutant du côté de David Lynch pour l'hermétisme ou de Terry Gilliam pour l'humour absurde.

Giallo, Eros et Carpates

Pourtant, en termes de mise en scène, Strickland réussit à créer une atmosphère fantastique digne des plus purs giallos des années 60 dont on retrouve la tonalité générale très kitsch et l'érotisme féminin. Du reste, difficile de déterminer à quelle époque l'histoire se déroule. Le grand magasin et son côté rétro rappelle les années 80. Mais la vendeuse à l'accent des Carpates et le directeur aux airs de Nosferatu évoquent pour leur part le cinéma fantastique des années 20. Quant à Marianne Jean-Baptiste, elle campe un personnage qui n'aurait pas détonné dans un film américain des fifties. Un méli-mélo d'horreur, d'humour et de sensualité à l'image de l'affiche du film.

Bienvenue en Stricklandie

L'univers filmique de Peter Strickland est éminemment subjectif. Ainsi, la boutique Dentley & Soper's, clé de voûte du scénario d'In Fabric, lui a été inspirée par le souvenir fantasmé des grands magasins de son enfance. L'ensemble du film procède de cette vision fantasque caractéristique du style du réalisateur de The Duke of Burgundy, apportant à chaque scène son lot de surprises. Parmi elles, un duo de chefs de service azimutés ou un réparateur de machines à laver qui fait fondre de désir quiconque l'entend énoncer son devis de réparation (si, si). In Fabric, un film furieusement barré.
A découvrir.

7.5/10

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