Deuil d'une victime

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Une famille multiculturelle. La mère allemande, le père turco-allemand, leur fils. Des néonazis commettent un attentat qui entraine la mort de ces deux derniers.
Cette histoire s'appuie sur un contexte historique : en Allemagne, une dizaine d'attentats ont été perpétrés par la NSU, "Parti national-socialiste souterrain", à partir des années 2000. Les victimes étaient pour la plupart des allemands d'origine turque. Et cela était voulu : les membres de la NSU sont xénophobes, ils ont pour cible les étrangers.

Ce film relate donc le tragique destin de cette famille et se déroule en trois grandes parties.
Dans un premier temps, on assiste de manière intrinsèque à la douleur que traverse cette femme, interprétée par Diane Kruger, après avoir appris la mort de ses proches au cours d'une déflagration. Cette longue déferlante, rythmée par les cigarettes, les pleurs, les cris et les accès de colère, nous transporte au cœur de cette catharsis que l'on pourrait qualifier d'universelle car chacun d'entre nous doit à un moment ou à un autre faire face à une épreuve de la sorte. À la différence, certes, peu négligeable, qu'elle n'est ni victime du temps, ni de la maladie, mais du joug de l'homme. Ainsi apparaît la notion de justice. Cette partie est donc particulièrement riche en émotions, très bien retranscrites par le réalisateur et l'actrice.
La deuxième partie s'ouvre sur le procès auquel la protagoniste assiste. De nombreuses questions se posent alors. Comment l'avocat des meurtriers est-il à ce point capable de sériosité sans ne rien laisser transparaître alors que la victime tordue de douleurs et les faits (presque) avérés sont devant ses yeux ? Comment d'infimes doutes peuvent empêcher la cour d'assise de les désigner coupables ? (attention SPOIL) Comment la victime peut-elle reconstruire sa vie avec derrière elle ce poids gargantuesque que représente la non condamnation des auteurs de l'attentat ? Douleur et haine décuplées pour la veuve. Ces scènes palpitantes nous amènent à questionner notre propre éthique, et à mettre un pied dans l'univers impressionnant de la justice en ce qui concerne les néophytes.
Enfin, dans la dernière partie, nous arpentons les pérégrinations de cette femme qui, n'ayant pas pu apaiser au travers des institutions la haine qu'elle éprouvait, cherche alors simplement à le faire soi-même. Et advienne que pourra.

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