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Inception par Deb

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Très anticipé par une grande partie du public et des enthousiastes de Christopher Nolan, Inception se voulait avant même ses premières images un blockbuster intelligent, terme dont il est souvent affublé, combinant la perfection technique et la grandiloquence visuelle d'un Dark Knight avec la finesse d'écriture et la complexité (relative, étant avant tout un jeu de montage) scénaristique d'un Memento.

Écrit de la main-même de Nolan, et soutenu par un casting de haut niveau (Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Joseph Gordon-Levitt, Cillian Murphy), ce métrage attendu au tournant - c'est le moins que l'on puisse dire - avait alors une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, étant au mainstream pop-corn pas con ce que Avatar fût à la 3D (dans une moindre mesure, certes) : un galop d'essai dont l'industrie curieuse attend de voir les performances au box-office.

Bien que pris par la main - on reste dans une logique de blockbuster estival - le spectateur est emporté dans un monde où la construction de rêves est un business, permettant d'extraire du subconscient d'individus des informations confidentielles. A partir de ce puissant postulat, et sans en dévoiler davantage sur un scénario très original qui regorge de surprises jusqu'au cut-to-black malicieux, l'équipe menée par Dom Cobb (Di Caprio, magistral à la Shutter Island) tentera ce qui est réputé impossible : l'inception, implanter une idée chez, ici, un riche industriel.

La plus grande prouesse du film est à la fois inattendue et évidente une fois digérée : la mise en images du scénario est tout simplement prodigieuse. Ce tour de force réside dans le fait que les trouvailles scénaristiques qui jalonnent le film rentrent systématiquement en résonance avec des originalités formelles rarement vues au cinéma, tout comme l'avait réussi Matrix à son époque. Monde déformable, influence de la gravité, compression temporelle : le film s'amuse avec l'espace-temps sans jamais perdre de vue d'être au service de son histoire.

Plus classiquement, Inception se révèle aussi être une grande leçon de montage (la scène des kicks successifs, jouissive) avec un rythme tenant la longueur du film (2h22), qui mêle de multiples scènes d'actions propres et lisibles avec des moments plus intimistes mettant en lumière la vie et les rêves tourmentés de Cobb avec sa femme (Marion Cotillard), trauma déplaçant les enjeux et le cadre du récit. Le déroulement de l'intrigue fait ainsi évoluer les personnages de la mécanique froide et réaliste de l'espionnage industriel à l'onirisme de havres de paix littéralement rêvés, accompagnant le parcours initiatique de Cobb menant finalement à sa catharsis.

Maitrisé visuellement et narrativement de bout en bout, Inception est un film-somme de l'œuvre de Christopher Nolan, et c'est suffisant pour atteindre l'excellence.

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