Vos gueules les mouettes !

Avis sur Indiana Jones et la Dernière Croisade

Avatar Eric BBYoda
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Si "Indiana Jones et la Dernière Croisade" nous avait paru, à sa sortie, supérieur au "Temple Maudit", du fait d'un indéniable retour vers la légèreté bondissante des "Aventuriers de l'Arche Perdue", il fallait bien reconnaître que la "veine" semblait désormais épuisée : il suffit de prendre pour preuve la faiblesse assez pathétique de l'introduction, qui constituait dans les deux premiers épisodes l'un des indéniables moments forts du film, et qui paraît bien poussive ici, remplissant de manière pachydermique son rôle de genèse d'un personnage qui n'en n'a guère besoin (a-t-on besoin de voir l'enfance de "Tintin" ?).

Si l'idée de conférer au personnage d'Indiana Jones un peu de substance en lui inventant un père et un conflit familial - censé expliquer l'homme qu'il est devenu, bien entendu - paraissait a priori une bonne idée, force est de constater que cela ne fonctionne pas vraiment. Car si l'interprétation d'un Sean Connery aussi charmeur que cabotin, comme à son habitude, fait sourire, on a du mal à croire au personnage, peut-être parce que la prétendue différence d'âge entre Harrison Ford et lui est trop peu vraisemblable pour que le lien père-fils, que Spielberg veut placer au centre du film, puisse fonctionner.

Tout cela reste donc largement anecdotique par rapport à une intrique ronronnante, qui semble avancer en pilotage automatique, en enfilant des péripéties aussi convenues que redondantes par rapport aux deux précédents opus. Notons que la meilleure scène de cette "Dernière Croisade" - la seule vraie bonne idée ? - est quand même le moment où le Dr Jones abat un Messerschmitt sans armes, mais en faisant s'envoler des mouettes sur une plage : voilà une scène "muette" qui définit de manière oblique et pourtant absolument cinématographique son personnage, et qui constitue un exemple parfait de ce que le "vrai Cinéma" devrait toujours être.

La faillite du "système Indiana Jones" se décelait également par l'inanité de la plupart des personnages secondaires, du rôle féminin inconsistant (alors que le scénario aurait clairement dû le servir), à celui du "méchant" de service, qui nous laisse indifférents. Une exception néanmoins, notable, l'épatant Denholm Elliott, qui, lorsqu'il est à l'écran, apporte avec lui un peu de la légèreté de la belle comédie "classique" !

Le pire restait néanmoins à venir, malheureusement...

[Critique écrite en 2020, à partir de notes prises en 1989, 1992, 1993 et 2006]

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