Le crépuscule du Dieu

Avis sur Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal

Avatar SmileShaw
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Si un jour, on m’avait dit que je m’ennuier … non, désolée … que je me ferais chier à mourir devant un Indiana Jones, j’aurais sorti mon plus beau sourire, mon air blasé et déclamé avec tout le sarcasme dont je suis capable : « Mais oui ! Bien entendu ! Et Ronaldo va gagner un titre avec son équipe nationale, Messi perdre 3 finales à la suite et Benoît Samenges, au sortir de sa terrible adolescence, va devenir un super beau mec, épouser une bombasse et trouver un boulot de rêve pour entretenir ses deux enfants magnifiques ! ».
Oui, c’est sûr, je me serais bien marrée.

Indy, l’idole de mon adolescence, le héros de mes rêves, mon amoureux transi imaginaire, en un mot mon Dieu, me décevoir …
Rien ne pouvait laisser présager ce marasme, l’écueil d’une saga qui a marqué les esprits et les box-offices du monde entier. La trilogie frôle l’excellence, il était donc inconcevable que le 4e volet soit un raté monumental, même 19 ans après. Les quelques craintes naissantes étaient immédiatement balayées par le souvenir d’une multitude de moments et de scènes jubilatoires.
Et pourtant …

Sur les 15-20 premières minutes, tu ne devines pas encore le gouffre dans lequel tu t’apprêtes à tomber. Au cœur des années 50, Elvis dans la bagnole, Indy qui enfile son chapeau avant de se retourner, devant nous et les russes (contexte de guerre froide oblige), les essais nucléaires, le coup du frigo, que même quand il est secoué dans tous les sens, la porte s’ouvre pas, le petit clin d’œil à l’Arche d’alliance … ça sent plutôt bon.
Mais la déconvenue ne tarde malheureusement à poindre.

Le Royaume du crâne de cristal dure 2h, comme ses prédécesseurs, mais il parait en faire le double, tant il est ennuyeux. Lent, très bavard, trop sérieux, ce qui provoquait le plaisir dans les épisodes précédents a presque complètement disparu.
Les scènes d’action sont trop peu nombreuses, même si on peut tout de même reconnaître une ou deux réussites (Indy qui passe d’une moto à une voiture pour remonter sur une moto, ça fait son petit effet, ne mentez pas), mais elles sont tellement éparpillées au milieu de ces blabla assommants qu’on les oublie quasi instantanément.
Il a bien quelques petits instants qui suscitent un soupçon de plaisir (essentiellement dans les allusions aux évènements passés, comme un retour aux sources), mais il est vite estompé par un immédiat retour à l’ennui.

Que s’est-il passé ? Qu’est-il donc arrivé à Spielberg et Lucas, eux si guillerets, fourmillant de trouvailles, d’idées, d’humour et d’énergie deux décennies auparavant ? Quelle diablerie les a frappés, pour qu’ils deviennent si ronflants et insipides ?
Ils ont vieilli, certes, mais ça ne peut pas être la raison. Harrison Ford a vieilli lui aussi mais il conserve toute sa classe et sa prestance quasi légendaires, bien plus qu’un Shia LaBeouf n’en aura jamais.

Oui, parlons-en, de Shia.
Si affubler Indiana de son père dans la Dernière croisade était une idée brillante, car source d’humour et d’informations sur le caractère et la personnalité du héros, on peut ici s’interroger sur l’intérêt de lui coller un fils dans les pattes, si ce n’est pour faire dans la facilité. Harrison n’est plus aussi en jambe, il faut de l’action, il faut donc un jeune.
Les tentatives d’humour dans leur relation père-fils tombent à plat, l’alchimie est loin de sauter aux yeux mais surtout Shia réussit l’exploit d’être encore moins charismatique qu’un service à fondue. Pour interpréter le fils d’Indiana Jones, ça la fout mal. Il peut donc bien sauter de lianes en lianes ou en se battre à l’épée tout en faisait le grand écart sur deux bagnoles, il sera toujours moins intéressant qu’un Indy qui se prend une simple droite dans la mâchoire.
Ou alors c’est que je ne suis pas objective, et me connaissant, ça m’étonnerait.

Lorsque le générique final déroule, la déception se dispute à la colère et à la tristesse.
On était en droit d’espérer une bombe et on nous a servi un pétard mouillé.
Je n'étais pas spécialement de ceux qui clament qu’il ne faut pas toucher aux idoles, mais c'était avant de faire cette douloureuse expérience.
Indiana Jones est un Dieu pour beaucoup d’entre nous et il méritait une sortie triomphale, sous les acclamations et les hourras, et non par une porte dérobée donnant sur une ruelle sombre.
J’en pleurerais presque.

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