Tu écoutes Demi-lune, tu vis plus longtemps.

Avis sur Indiana Jones et le Temple maudit

Avatar Jay77
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En 1981, Indiana Jones et les aventuriers de l’arche perdue fit sensation, celui-ci donna naissance à son premier frère : Indiana Jones et le temple maudit, sorti trois ans après. Grand huit hallucinant à bord d’un wagonnet de mines dans un temple indien maléfique, dégustation de cervelle de singe en sorbet, cœurs arrachés, enfants maltraités, ce nouvel Indiana Jones bien plus sombre que son prédécesseur va vous remuer les tripes…dans le bon sens du terme…

Accrochez-vous, et attention au départ, ça va secouer !

Vous avez l’estomac bien accroché ? Pas de problèmes de vertiges ? Pas de phobies ? Alors vous pouvez sans problème regarder cette nouvelle aventure d’Indiana Jones. Fort de son succès précédent, l’archéologue aventurier revient trois ans plus tard. Lancé à plus de 200km/h, ce deuxième épisode n’aura aucun temps mort, fonctionnant tel un parcours allant d’un point A à un point B. L’action y est très précise, bien plus que l’avait été Les aventuriers de l’arche perdue. En moins de 10minutes, vous aurez déjà vécu ce qu’un autre film vous aura fait vivre en plus de 2 heures. Nous sommes à un niveau plus élevé. Les idées ont fumées dans le cerveau de Spielberg, ça, ça se remarque. Vous avez aimé le coté immersif des aventuriers de l’arche perdue ? La caméra filmée à des moments précis en vue à la troisième personne, comme si elle vous comptait comme protagoniste, vous voila embarqué malgré vous dans cette nouvelle aventure. Et quelle aventure !

Dès l’ouverture du film, vous plongerez en plein cœur de Shanghai, dans un club rétro burlesque très sélect aux cotés d’un Indy troquant son chapeau et son fouet pour un smoking blanc très élégant (smoking et nœud papillon, ça sent le James Bond à plein nez) où, pendant que des danseuses aux tenues pailletées font leur show, un échange « amical » avec des gangsters Chinois vire en fusillade puis se transforme en course poursuite en pleine rue où vous ferez la connaissance de Demi-lune, petit garçon débrouillard et ami/acolyte d’Indiana.

Après avoir réussi à fuir la Chine, vous voila obligé de quitter votre avion, utilisant un bateau pneumatique à la place d’un parachute pour amortir votre chute et dévaler avec Indy, Demi-lune et Willie (la chanteuse de music hall qu’Indiana a embarqué contre son gré) une pente neigeuse puis les eaux tumultueuses d’une rivière sauvage vous entrainant dans la chute inévitable d’une cascade.

En bas, vous rencontrerez un shaman vous amenant à Sankara, son village, où tout n’est que désolation. Sur les lieux, vous apprendrez que les enfants ont été enlevés en même temps que « ShivaLinga », une pierre sacrée protégeant le village. Indiana acceptant la mission de retrouver cette pierre, vous voila parti pour le palais de Penkot qui, d’après les villageois, est la source du mal.

Suivez les chauves souris, elles vous conduiront à votre destination. Arrivé au Palais, Chattar Lal, premier ministre du maharajah, vous accueille et vous amène à un banquet où vous découvrirez la gastronomie locale.

Le bidon bien remplit, vous pouvez aller vous reposer dans votre chambre, mais ATTENTION, quelque chose de sombre se trame dans les bas fonds du palais. Regardez où vous mettez les pieds, et surtout, prenez garde à ne pas tomber nez à nez sur les thugs, assassins professionnels membres d’une secte secrète diabolique. Pour Indiana Jones, Demi-lune, Willie, et vous-même, l’aventure ne fait que commencer…le cauchemar aussi…

Le plus sombre de la saga

Gros tournant pour Indiana Jones. Le même plat ne vous sera pas servi deux fois. Contrairement à son prédécesseur, plusieurs différences sont à noter dans Le temple maudit. Pas d’arrêts à l’université, absence de Marcus, deux destinations (Chine et Inde), la double identité de notre héros disparait le temps de ce film pour en faire uniquement un aventurier, changement de protagoniste féminin. Il va être dur de passer après Marion. On ne perd pas on change, on ne gagne pas, tout simplement parce que Willie c’est l’inverse de Marion. Cette nouvelle « Indy girl » est une jeune femme superficielle très féminine, naïve, vénale, trouillarde jusqu’à hurler de peur du début jusqu’à la fin du film (pour une fois c’est drôle, pas désagréable).

Pour pallier à l’absence de Marion (bien qu’il soit logique qu’elle ne soit pas dans cet opus se situant un an avant l’arche perdue), Willie n’arrivera pas seule dans cette aventure. Un nouveau personnage apparait : Demi-lune, interprété par le génial Jonathan Ke Quan, vu dans un film qui marqua lui aussi la culture pop des eighties : Les Goonies. Chaque réplique, chaque scène mettant en scène ce gamin est un cadeau. Intelligent, loyal, intrépide, drôle, combattif (faut le voir maitriser des mecs de 2 mètres à coup de tatanes dans la tronche), attachant, notre petit Chinois pas plus haut que trois pommes volerait presque la vedette à Harrison Ford.

Harrison justement, continuant son numéro d’aventurier sympathique, cool, étonnant, hilarant (merci Francis Lax pour cet excellent doublage), prenant un réel plaisir à interpréter son personnage fétiche, et ça se remarque. L’alchimie entre Jones et Willie n’éclipsera pas celle formée 3 ans plus tôt avec Marion, mais marche efficacement grâce à un mélange entre humour, chamailleries, séduction et maladresses.

  • Je croyais que les archéologues étaient tout le temps dans les jupes de leur maman ! - De leurs momies !

Non, vous n’êtes pas en train de marcher sur des gâteaux secs…

Revenons aux différences notables entre cet opus et le précédent : Indy ne se lancera pas volontairement dans cette nouvelle quête. En effet, notre héros atterrira par hasard dans un village où il sera vu comme le sauveur. L’aventure qu’il vivra est donc involontaire. Le plus grand changement ne passant pas inaperçu, c’est bel et bien le ton, l’ambiance de ce temple maudit. Ce deuxième opus nous plonge en plein cœur des ténèbres. Du sang, un méchant (le plus iconique et mémorable de la saga des Indiana) et des sbires très effrayant, des esclaves envoutés réduits à l’état de zombies, des rites sanguinaires, des cœurs arrachés, des corps brulés, des enfants battus, tout ceci donnera naissance au PG-13, classification américaine déconseillant aux mineurs de moins de 13 de voir un film. Malgré ce virage vers la route de l’horreur, soyez assuré d’une chose : Indiana Jones assure son spectacle divertissant. Et encore, attendez de voir Indiana Jones et la dernière croisade. A coté, Le temple maudit n’est qu’un amuse bouche.

Bien qu’il y règne une ambiance horrifique, Spielberg n’oublie pas d’injecter à cette suite une grosse touche d’humour pour alléger tout ce cauchemar et autres atrocités. Indiana Jones oblige, intensifiant son intrigue grâce à sa bande originale aussi alléchante que diversifiée signée John Williams, enchainant les morceaux de bravoure, ne manquant pas d’inclure tous les codes et références propres au charmant « aventuriers de l’arche perdue », se permettra d’ajouté quelques nouveautés pour le moins…sympathiques.

Paysages exotiques, effets spéciaux saisissants (bien que datés), pièges à coups de murs se rétractant et laissant apparaitre des pics, jungle inhospitalière, chauves souris géantes, serpents, gros lézards et autres bestioles visqueuses, squelettes et statue affreuses, poupée vaudou, ponts suspendus instables placé au-dessus d’une rivière grouillant de crocodiles, environnement volcanique (accentuation de fumée et de lumière rouge), chant maléfique accompagné de chœurs sataniques, de la menace, toujours de la menace, Indiana Jones et le temple maudit créé des sueurs froides, amenant son lot de stress et de tension. Ce qui est sûr, c’est qu’après la vision du film, vous n’aurez pas du tout envie de partir en voyage en Inde.

« Indiana Jones : Alors comme ça vous vous appelez Willie ? Willie :
Oui tout à fait, Willie c’est mon nom d’artiste Indiana ! Demi lune :
Docteur Jones ! Il faut l’appeler Docteur Jones ! Indiana Jones : Et
oui c’est mon nom d’artiste ! »

Au final, surprenant, captivant, émouvant, effrayant, drôle, immersif et spectaculaire, Indiana Jones continue son petit bout de chemin, toujours accompagné de son thème musical, toujours aussi classique, toujours aussi culte. Du grand cinéma d’aventure.

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