Il était une fois ... en France occupée

Avis sur Inglourious Basterds

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Shoshanna Dreyfus survit au massacre de sa famille sous les ordres du colonel SS Hans Landa et prépare sa vengeance, au milieu de la grande première de "La Fierté de la Nation" dans le cinéma qui lui sert de couverture.

Et cela sans savoir qu'un commando de soldats constitué de juifs américains et de renégats allemands (tous un peu psychopathes sur les bords) menés par le lieutenant Aldo Raine a lui aussi prévu d'être de la fête pour régler son compte à Adolf H et à tout le haut commandement. Mais c'est compter sans la malchance, et surtout les redoutables talents de limier de Landa...

Quentin Tarantino nous la joue une fois de plus "Chuis imbattable en cinéphilie, tu connaissais pas Pabst? PAF! j'te le sort, tu peux pas test!", ce qui n'est pas sans mérite. En dehors de cela, il réalise son rêve de gosse : se farcir des nazis et le Führer lui-même, mouais ok (vous aussi vous trouvez ça un peu con avouez) ... Il se la joue faussement "Douze Salopards" (les Basterds en question ne sont pas les seuls héros) avec une très bonne introduction à la façon des westerns spaghetti de Sergio Leone (et avec un beau morceau d'Ennio Morricone pour faire saliver les oreilles), tout en ayant le bon goût de montrer que ses héros peuvent aussi être des psychopathes pas forcément très malins, et surtout assoiffés de sang (ou de scalps plutôt), en fait ils le sont même plus qu'Hitler et que n'importe quel allemand dans le film (sauf Stiglitz), c'est dire ... Brad Pitt cabotine avec un accent du Sud à couper au couteau (au propre comme au figuré). Quelques situations tombent à plat, je pense surtout à l'entrée en scène de Stiglitz, ridiculement soulignée pour un personnage aussi vite expédié ad patres.

On a cependant un peu de mal à pardonner Tarantino pour avoir balancé du français qu'on n'utilise pas dans des conversations courantes, c'est le cas en ce qui concerne les dialogues entre Mélanie Laurent et Jacky Ido (ceci étant, ce dernier est aussi expressif qu'un parpaing). C'est tout sauf naturel, ça sonne sans doute bien aux oreilles d'un américain amateur de clichés mais il y a des limites, pour des oreilles françaises c'est ridicule et ça sonne pompeusement creux ... En tout cas elle est superbe en robe rouge la Mélanie, encore plus avec Cat People de David Bowie en fond sonore.

La très bonne surprise c'est bien évidemment Christoph Waltz, dans un rôle purement génial, un détective/prédateur affable en apparence, polyglotte et rusé comme pas deux, l'un des nazis de cinéma les plus mémorables, en fait il vole la vedette à tout le monde (même à Brad Pitt) dans chacune des scènes où il apparaît. Denis Ménochet, Michael Fassbender et August Diehl sortent bien leur épingle du jeu également.

Cette farce à la limite du grotesque est loin d'être un chef-d'oeuvre mais se laisse regarder sans déplaisir, c'est un délire cinéphilique assez puéril avec quelques fulgurances bien trouvées, de bons acteurs et pas vraiment autre chose.

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