La revanche du bandit manchot

Avis sur Inside Men

Avatar Socinien
Critique publiée par le

Après avoir regardé pendant quatre jours dix films coréens à me brider les yeux de fatigue, je peux en déduire quelques grands traits ethnologiques sur cette merveilleuse civilisation qui mérite qu'on s'y attarde un peu plus. Par exemple, les Coréens aiment :

  • insulter les gens
  • fredonner des chants d'amour mièvres (avec ou sans le prétexte du karaoké)
  • haïr leurs politiciens corrompus et les Japonais qui sont encore plus méchants que dans Tintin et le Lotus Bleu
  • prendre des douches
  • donner des baffes sans prévenir
  • insulter les gens (oui, ils aiment vraiment beaucoup faire ça)
  • aller à l'église
  • fumer comme des pompiers (surtout des malboros) et regretter de le faire
  • inclure des expressions en anglais pour se donner une contenance (les séances à double sous-titrage anglais/français permet de repérer ce genre de subtilités tout en étant un accélérateur vers la démence précoce).

    Après vingt heures de visionnage, j'ai cru que je commençais à avoir des hallucinations, avant de me rendre compte que c'étaient souvent les mêmes acteurs qui apparaissaient de film en film dans la même après-midi. Les Coréens n'ont pas encore mis au point un système de réplicants pour diminuer leurs frais de production, pourtant c'était la meilleure explication pour expliquer que leur grain de peau ressemble autant à celui du plastique.

Si je devais résumer l'intrigue de ce film que j'ai, une fois n'est pas coutume, particulièrement apprécié (selon un critère simple, c'est le seul où je ne suis pas tombée dans le coma au milieu), je dirais que c'est l'histoire d'une alliance improbable d'un flic et d'un gangster qui s'allient pour lutter contre une collusion industrialo-politico-médiatique au plus haut sommet de l'Etat.

L'élite - tous des pourris, c'est bien connu - ont en effet un peu trop pris l'habitude de détourner de l'argent dans des caisses secrètes et de faire des orgies ensemble en inventant de nouvelles manières de jouer au golf sans club. Oui, car les Coréens ont l'air d'aimer de faire des orgies, une habitude qui a l'air sacrément ancrée dans le pays si j'en crois The President's Last Bang (je ne débarque pas complètement dans le cinéma coréen, d'ailleurs Baek Yun-shik joue dans les deux). Un peuple qui sait s'amuser et qui n'a rien a envier aux soirées bunga bunga de Berlusconi.

Mais la maison bleue (ou 청와대) va voir rouge quand un des gangsters qui ressemble étrangement à Mads Mikkelsen version asiatique, va chercher à se venger après avoir eu une mauvaise expérience avec une scie égoïne...

Le film est un habile mélange de ce qui fait la force du cinéma coréen actuel : des moments de déchainements brutaux de violence toujours très inventifs (c'est fou tout ce qu'on peut faire pour faire mal aux gens quand on a pas d'armes à feu en libre-service), des rapports hiérarchiques abrutissants qui autorisent des grandes tirades d'insultes fleuries, des intrigues faussement alambiquées qui permettent des retournements de situations moins prévisibles que d'habitude et enfin une photographie très léchée qui permet de sublimer tout ça à la lumière clignotante des néons des bas-fonds.

Tout porte à croire que les Coréens nous mentent depuis le début en appelant leur nation "le pays du matin calme". Leurs journées m'ont l'air tout aussi agitées que leurs nuits. Méfiez-vous la prochaine fois que vous vous perdrez dans les ruelles sombres de Séoul...

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 949 fois
13 apprécient

Socinien a ajouté ce film à 3 listes Inside Men

Autres actions de Socinien Inside Men