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Avis sur Instinct de survie

Avatar CapitaineSpauque
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Sur une plage paradisiaque, une banale héroïne à l'américaine sans aucun relief (paire de fesse absolument parfaite mise à part) se prépare à affronter des vagues déchaînées avec sa super planche de surf. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que dans l'écume que les vagues laissent derrière elles, un prédateur mortel se cache, prêt à fondre sur sa proie ...

Autant le dire tout de suite, à la vue du trailer d'Instinct de survie, j'ai beaucoup ri. Grand amateur de nanar et de série B, il me fallait m'attaquer à ce qui était presque-déjà un futur étron dans mon esprit. Alors, qu'en est-il réellement ?

Commençons par le commencement, le film flatte la rétine, y'a pas à chier. La photographie est splendide, le cadre est idéal et on a l'impression de toucher le paradis du bout des doigts (le physique avantageux de Blake Lively y est aussi pour quelque chose, on ne va pas se mentir).

Et oui, c'est bien son physique et seulement pour son physique que l'on retiendra son personnage, trop parfait pour être crédible, trop lisse pour avoir de la saveur. L'histoire prend d'ailleurs un peu l'eau à chaque nouveau flashback qu'ils nous imposent pour développer son personnage, mais évite la noyade de justesse lorsque son requin entre en jeu.

Et oui, c'est avant tout un "film de requin", un film à tension. Et pour cela, je dois dire que c'est plutôt réussi. Dès qu'elle effectue son premier pas vers l'eau, les défauts s'effacent, et tout nos sens entrent en éveil. La caméra va, vient, surplombe la baie, plonge, remonte ... Le tout en accordant la bande son avec ses mouvements. On se retrouve à être constamment à l'affût, scrutant les fonds marins à la recherche du moindre signe du requin, pendant que l'héroine et ses camarades s'amusent tranquillement ...

Le réalisateur joue avec le spectateur, réussissant à faire monter la pression avec brillo, et à le surprendre lorsque finalement, la bête surgit. Ce qui fonctionne d'autant plus, puisque le traitement de l'action se veut finalement assez réaliste : Notre héroïne est plus que fragile face à l'environnement qui l'entoure, elle a froid, faim etc. On endurera avec elle sa situation douloureuse, espérant désespérément qu'elle parviendra à rejoindre la plage.

Instinct de survie, c'est surtout un film qui ne se sent pas le besoin de montrer sa bête toutes les 5 minutes en train de grignoter du surfeur, du plongeur, du nudiste ... C'est même de son absence à l'écran que naît l'angoisse, car on devine à chaque instant sa présence dans ses fonds que l'on a eu de cesse d'explorer avec la caméra. On se surprend à l'apercevoir dans les derniers instants d'une scène, dissimulé dans une vague, placé de profil ... En revanche, on peut reprocher au requin la qualité de son CGI parfois pas hyper crédible, là où les dents de la mer nous servait un "requin-maquette" bluffant en 75.

Malgré tous ces bons moments, mêlés de tension et de ludisme (mention spéciale au cadavre de la baleine, qui était une excellente idée), le naturel revient rapidement au galop avec une scène finale et une happy end plus que capillotractée.

Alors, que conclure ? Et bien que c'est loin d'être la bouse cosmique à laquelle je m'attendais. J'ai même passé un bon moment. La mise en scène, ludique et inventive, nous tient redoutablement en haleine jusqu'à ce piètre dénouement final. Une série B de qualité, qui relève quand même le niveau à l'ère de Sharknado.

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