Rage against the dying of the light.

Avis sur Interstellar

Avatar Samu-L
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Un grand film, pour moi, c'est un film qui m'empêche de dormir. Un film qui ne s'évapore pas, qui reste, qui continue à mijoter sous mon crâne épais, qui hante mon esprit. Le genre de film qui vous met une grande claque dans la gueule avec la marque des doigts qui reste incrustée, un grand coup de pied dans les tripes, et qui fait que vous restez des heures avec un air absent, et le regard tourné vers un horizon que personne d'autre que vous ne peut voir; votre propre singularité en quelque sorte.

Interstellar est un film qui m'a fait cet effet, donc vous comprendrez que je me contrefout de l'opinion de qui que ce soit le concernant. Mais puisque je suis pas salaud, je vais quand même essayer de vous dire pourquoi ce film est définitivement un grand classique de la science-fiction.

Interstellar parle d'abord et avant tout de la mort de l'humanité. Il nous met en face de la fin qui nous attend avec toujours plus de certitude chaque jour qui passe où nous continuons à évoluer dans le zélotisme imbécile de la croissance éternelle, notre nouveau veau d'or. Comme la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf de la fable, nous exploserons à force de vouloir toujours plus, et notre monde sera balayé par les cendres de notre inconsistance.
Le futur présenté dans Interstellar est fait de poussière et de famine, et ressemble fortement au portrait prospectiviste du futur de notre planète.
Désertification des sols, acidifications des océans, sixième extinction massive des espèces, changement climatique radical,... Ce que je décris ici n'est pas dans ce film de SF, mais ce qui se passe en ce moment sur notre planète. Interstellar en fait une projection dans le futur pour nous montrer ce qui nous attend: un monde perpétuellement balayé par la poussière; ce qui restera de notre civilisation inconsciente; ce qui restera de l'ère de l'excès.
Cette illustration fonctionnant comme une mise en garde est simplement l'une des meilleures que j'ai vu.

Mais Interstellar ne s’arrête pas à ça! On y trouve également une grande illustration des théories de la relativité, et des déformations de l'espace-temps, et sans jamais prendre son spectateur pour un âne, sans passer des plombes à expliquer la théorie par des scènes d'exposition mal fichues, ou des dialogues abscons.
On y trouve des scènes spatiales à couper le souffle digne de 2001 l'odyssée de l'espace, dont l'influence sur le film de Nolan est évidente et totalement voulue. A mon sens, il s'en faut de très peu pour qu'Interstellar soit à ranger au même niveau que le film de Kubrick.
On y trouve des moments de tension dramatique intenses qui vous feront vous accrocher à votre siège.
On y trouve des moments d'émotion pure.
On y trouve un visuel à couper le souffle, et une manière de filmer l'espace que l'on peut ranger à coté de 2001 ou plus récemment de Gravity.
On y trouve des acteurs, des vrais, des beaux, des qui font schboum là dedans, surtout Matthew, qui est absolument parfait.
On y trouve des robots qui ressemblent à des meubles Ikéa, pas du tout étudiés pour vous en jeter plein la vue, ou se la jouer cool, mais dont la forme suit la fonction, et qui sont pourtant trop cool avec 75% d'humour et 90% d’honnêteté en prime.
On y trouve l'homme, dans toute sa complexité.
On y trouve le combat de la force de vie contre la grande faucheuse cosmique.
On y trouve de l'esprit, du cœur, de l'âme et de l'espoir tout au bout d'horizons inatteignables.
On y trouve peut-être aussi le courage suffisant pour que nos consciences se rebellent, et qu'elles ragent contre la mort de la lumière...

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Interstellar est une œuvre produite par Warner Bros©, découvrez la Room 237 de SensCritique.

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