Waow. Une claque.

Avis sur Interstellar

Avatar Matt  Fox
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Après le dernier plan final, Interstellar se termine. Quelques personnes commencent à applaudir, applaudissements des personnes à côté de moi, je commence à applaudir, applaudissements de la salle de nombreuses personnes. Applaudissements de la salle ????!!! Attendez, il faut que je me frotte les yeux, il faut que je me pince pour y croire. Mais non c'était réel. Un moment magique, que je recommande une fois dans votre vie de cinéphile. Une sensation étrange mais rare m'a habité, comme si chaque spectateur avait eu conscience du monument de 3h sous ses yeux.
Pour vous dire, la dernière fois que cela m'est arrivé, c'est après la première séance d'Avatar en 3D (premier film que j'ai vu en 3D), même Gravity n'avait pas reçu un tel accueil.

Alors Interstellar, le dernier film de Christopher Nolan, nouveau "sauveur" d'Hollywood, l'un des derniers sachant manier habilement succès critique et public avec des blockbusters intelligents alliant un certain cinéma d'auteur, s'est imposé comme un maître de la mise en scène et du scénario en une quinzaine d'années. Si le spectateur lambda comme moi l'a découvert avec la désormais mythique trilogie Batman, Nolan a une filmographie irréprochable digne d'un sans- faute (Following était un film très intéressant qui était une esquisse de son oeuvre, Memento premier film culte extrêmement complexe et passionnant, Insomnia thriller magnifique qui est un remake réussi, Le Prestige chef d'oeuvre détonnant) avec comme point d'orgue Inception, que j'ai du bien revoir 7-8 fois tellement il est parfait. Un pur chef d'oeuvre, une claque monumentale pour tout cinéphile de SF/ action, dans la veine de Matrix.

Après la semi- déception de Dark Knight Rises, Interstellar partait d'un pitch mystérieux signé Jonathan Nolan, son frère avec qui il coécrit presque toujours, et les Nolan étaient vu au tournant. Nolan est un de mes cinéastes préférés, et je l'attendais beaucoup de ce film. Je n'ai pas été déçu, loin de là ! Aussi bizarre soit-il, Nolan arrive à faire des blockbusters où il favorise plus les prises de vues réelles et pas du tout la 3D (tout le contraire d'un Cuaron avec son coup de force technique qu'est Gravity).

Bilan de cet oeuvre dantesque : Interstellar est pour moi une révélation, le meilleur de Nolan (mais aussi le pire dans un sens), une oeuvre majeure de la SF moderne instantanément culte qui sera "un classique" dans quelques années.
Tout est parfait pour moi : le rythme de 3h est incroyable car il ne se fait pas vraiment ressentir, la photographie sublime de l'espace et des mondes habitables, une réalisation somptueuse qui est vraiment en adéquation avec les enjeux du film, la direction d'acteurs géniale avec des performances à couper le souffle (Michael Caine prouve encore une fois qu'il est immense, Matthew McConaughey a un rôle sur mesure et est tout simplement extraordinaire, Jessica Chastain crève l'écran tout comme McKenzie Foy prometteuse, Anne Hattaway est excellente ainsi que ses partenaires Wes Bentley, John Litgow et David Gyasi, et des guest- stars originaux), effets spéciaux tout simplement époustouflants (les scènes dans l'espace sont hypnotiques et incroyables), un montage très maitrisé, et surtout SURTOUT un scénario métaphysique hallucinant qui reste crédible du début à la fin. Certaines scènes sont instantanément cultes et ont le mérite de se voir en IMAX (vraiment, j'insiste, 2 dans l'espace m'ont littéralement scotché), avec l'accompagnement d'une des meilleurs BO de tous les temps : celle de Hans Zimmer qui s'est surpassé et qui nous livre peut- être sa meilleure composition depuis la Ligne Rouge et prouve qu'il a su se réinventer, ses orgues collent parfaitement à l'esprit du film.

C'est le film le plus intime et le plus personnel de Nolan, mais aussi le plus épique, et l'anti- inception. Pourquoi ? Parce que Inception était un film cérébral sur l'intérieur de nos têtes, ici c'est un film sans limites, un film sur l'exploration dans toutes ses formes. Par ailleurs, c'est un cours de vulgarisation scientifique très bien amené. Mélange subtil entre Solaris, 2001, Alien, influencé par Gravity, Interstellar a le mérite d'être bouleversant sans tourner dans le ridicule avec peut- être l'histoire d'amour la plus touchante depuis très longtemps (celle d'un père et d'une fille) qui provoque un ascenseur émotionnel rarement aussi ressentie par un spectateur, le tout en amenant une réflexion sur l'humanité et son devenir (grâce au contexte d'un futur proche, peut- être plus proche que nous le pensons). Que faisons- nous sur la Terre ? Comment allons- nous préserver la Terre pour nos petits- enfants ? Existe- il d'autres mondes habitables ?

Nolan reste sur une dernière heure énigmatique et métaphysique, faisant presque oublier 2001. Je sais que ce sera le genre de film qui divisera, mais il ne vous laissera pas indifférent. Pour ma part, rien est à jeter, j'ai été conquis alors que les premières minutes m'avaient laissé sceptique. Chacun peut faire sa propre interprétation, et son propre niveau de lecture, et que Nolan est allé tellement loin que j'ai du mal à savoir comment il va faire pour se surpasser pour son prochain film. Une oeuvre qui marquera le 7e art et la science- fiction durablement par ses enjeux colossaux et son épopée spatiale grandiose.

Hypnotique, impressionnant, visionnaire, Interstellar est donc une oeuvre dense et complexe (les trous noir et de vers, l'espace- temps), mais qui transcende la science- fiction qui est en toile de fond pour une histoire d'amour intimiste hors du commun.
Plus grand film jamais fait sur l'espace ? Certainement.
Quel est la nature d'une tel oeuvre ? Un chef d'oeuvre.
On en ressort terrassé, la tête dans les étoiles. Moi j'y suis toujours, attendant Cooper et Brand pour qu'ils m’emmènent vers d'autres mondes toujours plus beaux et toujours plus loin.

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